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Quand l’OSR se joue du virus

En annonçant les contenus de la saison 2020-2021, le directeur général Steve Roger enjambe la crise. Entretien.

Steve Roger, à nouveau directeur général de l’OSR après huit ans d’absence.
Steve Roger, à nouveau directeur général de l’OSR après huit ans d’absence.
LAURENT GUIRAUD

En des temps où la question de la santé publique n’aurait pas été un souci partagé à si large échelle, la présentation de saison de l’Orchestre de la Suisse romande aurait aimanté les foules dans la salle d’un hôtel cossu de la place. Au lieu de quoi, le directeur général de l’institution, Steve Roger, a dû se contenter d’un exercice face caméra, confiné dans le bureau qu’il occupe, dos à la nouvelle affiche, propos relayés urbi et orbi en streaming.

Au-delà des contenus artistiques se profilant à l’horizon, mille questions se posent sur le présent problématique que traverse, comme tous les acteurs culturels, l’orchestre centenaire. Et d’autres questions pointent aussi quant aux projets plus éloignés, qui pourraient être touchés à leur tour dans un effet domino dont on ignore encore la portée. Placé à distance réglementaire, le directeur répond à ces interrogations.

L’expérience d’une vidéoconférence de presse, qu’est-ce que cela vous a inspiré?

Ce fut un exercice intéressant, il a fallu réduire à une quinzaine de minutes ce qu’on avait l’habitude de déployer en une heure. Le public aura trouvé sans doute le tout moins rébarbatif. Quant à nous, nous sommes allés à l’essentiel en évitant l’effet catalogue que génère le déroulement d’un programme. L’avantage de cette démarche, c’est qu’elle a été sans doute vue par davantage de monde que d’habitude.

Comment vivent aujourd’hui les musiciens de l’orchestre, à l’heure du triomphe du Covid-19?

Tout est à l’arrêt, les concerts, les répétitions et même les répétitions partielles des sections d’instruments. Nous nous sommes conformés à la règle qui limite à cinq le nombre de personnes pouvant se réunir dans un même lieu. Il me paraît important cependant que chacun continue à travailler son instrument, mais je ne me fais pas de soucis sur ce point. Il faut aussi avoir en tête qu’au-delà des concerts annulés, il y a une suite qui attend tout le monde. L’opéra «Saint-François d’Assise» d’Olivier Messiaen, notamment, une grosse production prévue pour la fin du mois de juin.

Qu’est-ce qui vous occupe le plus ces jours-ci, dans votre rôle de directeur général?

Nous sommes tous très accaparés par les répercussions financières et budgétaires générées par la situation actuelle. L’urgence étant de savoir comment on cheminera si les activités devaient être annulées jusqu’à la fin de la saison. Au début de la crise, on gérait la situation avec une visibilité qui n’excédait pas les trois jours. Aujourd’hui, on pense autrement, en essayant de prévoir des scénarios à quatre, voire six mois. Nous savons déjà, par exemple, que le jour où les restrictions tomberont, nous pourrons démarrer rapidement nos activités: il suffira de convoquer les musiciens, de fixer quelques répétitions, et nous serons sur scène.

Avez-vous dans la trésorerie des ressources pour gérer cette mauvaise passe?

Non, pas au sens précis du terme. Pour l’heure, les analyses que nous faisons nous donnent des indications quant aux pistes que nous allons devoir suivre pour gérer les contrats des chefs et des artistes invités. Il y a une série de dépenses qui peuvent être annulées sans problème, comme la location des partitions ou de la salle du Victoria Hall. Nous devons désormais comprendre comment nous allons régler les suites, en fonction aussi du budget à disposition pour la saison prochaine.

Avez-vous des polices d’assurance qui pourraient couvrir les pertes?

Non, contrairement au Grand Théâtre. De notre côté, l’impact financier d’une annulation est beaucoup plus faible. Pour être plus précis, lorsqu’une production tombe à l’eau, les recettes de la billetterie ne sont concernées que pour deux soirs. Nos dépenses de plateau sont aussi bien plus réduites que pour un opéra.

Vous occupez votre fonction à l’OSR depuis le mois de janvier. Quels ont été les chantiers auxquels il a fallu s’attaquer prioritairement?

Nous avons souffert ces dernières saisons d’une baisse du nombre des abonnés et, plus généralement, d’une érosion du taux de remplissage des salles.. Mon objectif principal est de reconquérir ce public. Si je regarde plus loin, je pense qu’il faut poursuivre les stratégies mises en place par mes prédécesseurs. À savoir retrouver le lien qui unit l’orchestre à la ville de Genève et à la région romande. Il est nécessaire par ailleurs d’accroître la présence de l’OSR dans de nombreuses salles en Suisse, à Zurich, Lucerne ou encore à Lugano et à La Chaux-de-Fonds.

Sur le plan des solistes et des chefs invités, que dit le programme de la saison prochaine?

Je suis très heureux d’accueillir un chef d’orchestre de premier ordre comme Myung-Whun Chung, qui dirigera pour la première fois l’OSR. Nous pourrons compter aussi sur la présence, à ses côtés, du Chœur de l’Académie nationale de Saint Cécile, une formation prestigieuse qui chantera le «Requiem» de Verdi. Enfin, il y aura des solistes que tout le monde connaît, comme Maxim Vengerov, Khatia Buniatishvili ou Renaud Capuçon. Le but est de dire aux mélomanes: revenez!

Orchestre de la Suisse romande Retrouvez tout sur la saison 2020-2021 sur www.osr.ch

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