L’OSR et Evgeny Kissin ont rendu hommage à leurs Amis

ClassiqueLe concert de l’An des Amis de l’orchestre a fait briller un soliste et des musiciens inspirés.

Le pianiste russe Evgeny Kissin, invité de marque des Amis de l’OSR pour le concert de l’An au Victoria Hall.

Le pianiste russe Evgeny Kissin, invité de marque des Amis de l’OSR pour le concert de l’An au Victoria Hall. Image: LORIS VON SIEBENTHAL

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Ce n’est pas un concert comme les autres, et pour vous le signifier, la scène du Victoria Hall s’est parée d’atouts floraux impressionnants et un rien tapageurs. Le seuil de la salle franchi, le regard est immédiatement happé par deux grands paons suspendus à hauteur d’orgues. Agrippés à des cercles tout aussi décorés, ils dominent fièrement les pupitres en tournant le dos et leur queue bigarrée au public. Ailleurs encore, aux pieds du podium du chef, d’autres décorations plus discrètes ajoutent une touche inhabituelle à une soirée qui se veut spéciale. Mercredi 9 janvier, les mélomanes ont renoué ainsi avec le traditionnel concert de l’An de l’Orchestre de la Suisse romande, placé depuis toujours sous l’égide des Amis de l’institution désormais centenaire.

Au chapitre du protocole, Valérie Laemmel-Juillard, qui préside à ce cercle depuis deux ans, a rappelé la mission et les raisons de l’existence des Amis, qui remonte à 1935. À l’époque, constatant l’état déplorable des caisses de l’OSR, son fondateur, Ernest Ansermet, conçut un plan de sauvetage et de financement durable permettant d’assurer la pérennité de l’orchestre. Le pacte tripartite qui en découlât – signé par la radio, les autorités publiques, et les Amis précisément – a permis de consolider les structures et de traverser le siècle sans grandes secousses.

Ogre et félin

Le volet musical de la soirée, lui, offrait plusieurs lignes attrayantes. À commencer par la venue d’Evgeny Kissin. Avec le «Concerto pour piano N° 1» de Liszt, le Russe a été, comme toujours pluriel, tout à la fois ogre carnassier et félin à l’élégance infinie. D’entrée avec l’exposition du célébrissime thème de l’«Allegro maestoso», son toucher est d’une vigueur tonifiante et sculpte en martelant les premières lignes. Plus tard, on lui trouvera des duretés («Allegro martiale»), des excès et des emphases qui détonnent. Car Kissin est aussi un poète, et son «Quasi Adagio» si posé et profond – bien que ponctué par une cascade de rubatos – l’a rappelé une fois encore.

L’Orchestre de la Suisse romande, lui, a montré ses meilleurs traits dans les liminaires «Préludes N° 3 S.97» du même compositeur. Mais il a brillé surtout, sous la direction précise et tout en rondeurs d’Emmanuel Krivine, dans les partitions peu connues et rarement jouées de «Die Seejungfrau», fantaisie en trois mouvements de l’Autrichien Alexander von Zemlinsky. Cette œuvre a retrouvé mercredi sa charge par endroits mélancolique, le souffle crépusculaire de la fin d’une certaine Mitteleuropa. Et aussi toute sa luminosité pastorale et lyrique. (TDG)

Créé: 10.01.2019, 17h33

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