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Nostromo, retour de flamme

Le furieux quartet genevois a ressuscité après 13 ans passés dans les limbes. Surprise: le metal 2.0 l’accueille en légende!

Moins de cheveux, plus de barbes et de tatouages: actif entre 1996 et 2003, Nostromo est revenu en star metal en 2016.
Moins de cheveux, plus de barbes et de tatouages: actif entre 1996 et 2003, Nostromo est revenu en star metal en 2016.
NOSTROMO

On ne se méfie jamais assez des photos de mariage à l’heure d’internet. Certains montrent leurs fesses et les retrouvent lundi matin sur l’ordinateur de leur chef de bureau. D’autres ventilent au vent des réseaux le souvenir multicolore de leur vomi de 5 h. Parfois même, mais plus rarement, un musicien est catapulté devant 15'000 fans de metal en liesse après avoir en toute innocence publié sur Facebook les clichés mignons d’un concert acoustique.

L’histoire a plus encore des airs de conte de fées que ses protagonistes ont des allures d’ogres. Le groupe se nomme Nostromo, comme le vaisseau d’«Alien». De 1996 à 2003, il a mené depuis Genève de multiples raids en Suisse et en France, imposant sa marque de fabrique, soit un metal hurlé, hyperagressif, ultrarapide et cogneur, aux frontières du grindcore. Bref, pas Christophe Maé. Cela n’empêchera pas Nostromo de se faire un nom aux ultimes heures analogiques, de squats en clubs et en festivals punk, avant de se saborder pour cause d’engueulades internes. Fin du premier acte.

«On savait que le groupe avait un petit culte, mais pas à ce point. Treize ans plus tard, les réseaux sociaux ont rendu cela très tangible»

Le deuxième a commencé par le plus grand des hasards, en 2016. «J’avais juste envie d’animer un peu notre page Facebook en balançant quelques photos de notre concert privé acoustique, à l’occasion des fiançailles de notre premier batteur, raconte le hurleur barbu Javier Varela. Ce fut une traînée de poudre! À notre immense surprise, en quelques heures, tout le monde a pris cela pour l’annonce de notre retour, et partagé l’info.» Quelques jours plus tard, le plus gros festival de metal européen, le français Hell­fest, offrait sa scène à Nostromo! Qui n’a pu qu’accepter l’invitation et se reformer, alors que les propositions de concerts se mettaient à pleuvoir. «On a halluciné. On savait que le groupe avait un petit culte, mais pas à ce point. Ça montre qu’il y avait quelque chose autour de nous qui demandait à sortir au moment où on a arrêté. Treize ans après, les réseaux sociaux ont rendu cela très tangible.»

Dont acte. Avec un nouveau cogneur, le quartet reprend la route fin 2016. Près de 80 concerts plus tard, il met à sac le Romandie, vendredi, lui qui joua pour la dernière fois à Lausanne à… la Dolce Vita! «Nous sommes des analogiques contrariés, se marre Javier. On a arrêté aux débuts de MySpace. En tournée, on envoyait encore des fax et on se partageait l’unique téléphone portable. On a dû se mettre aux réseaux qui nous ont plébiscités, jouer le jeu d’Instagram. Tous les groupes font ça, même les plus anciens et légendaires comme Napalm Death. Il n’y a plus le truc romantique du groupe inaccessible, inquiétant, sans photo, dont tu découvres la tronche des musiciens sur scène. Tu dois être copain avec ton public désormais, révéler ta vie de tous les jours.» Et la vie sur la route, à 20 ans d’écart? «Il y a plus de femmes dans le public, se réjouit le bassiste Ladislav Agabekov. Sinon, les clubs sont devenus moins punk, plus policés et pros. Au moins, tout cela est plus confortable, ce qui nous va bien car on est des papys. Dormir sur la scène, ça va cinq minutes.» La brûler, en revanche…

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