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Nostromo en acoustique, la furia metal à l'épreuve de la pesanteur

Mardi à Antigel, le quatuor genevois rejouait, quinze ans après, son set sans additif auditif. Fragile, mais puissant.

Le groupe genevois de metal hardcore en concert mardi 6 février à la salle communale d'Onex, dans le cadre du festival Antigel.
Le groupe genevois de metal hardcore en concert mardi 6 février à la salle communale d'Onex, dans le cadre du festival Antigel.
Mélanie Groley

Ils l'ont fait. Quinze ans après cette prestation unique au festival de La Bâtie en 2003, le groupe genevois de metal hardcore Nostromo a réussi pour la seconde fois de sa carrière, et pour son grand retour après une longue absence, un concert acoustique. Là où l'ordinaire du rock extrême demande force pédales de distorsion et autres amplifications mastodontes. Et là où, d'habitude, le public hurle à tout va son adhésion au grand art du bruit organisé. Mardi dans la salle communale d'Onex à l'enseigne d'Antigel, la foule a fait silence, retenant son souffle devant cet étonnant château de cartes sonore.

Deux guitaristes sur scène, un batteur à l'arrière. Et le chanteur au centre. Le quatuor baigne dans le rouge, lumières tamisées dessinant des halos fantomatiques autour de la bande. Le cri guttural caractéristique du répertoire nous parvient à mi-voix. Et l'on découvre ainsi le plaisir d'écouter note à note, bien détachées, la mécanique instrumentale d'un monstre assoupi. En apparence. Sotto voce, sur des guitares de feu de camp, Nostromo toutefois joue encore de l'amplification. Sainte électricité, dont le rock ne saurait se passer. Impossible posture de l'acoustique, qui pousse au dépouillement, ouvrant d'autres possibles, d'autres manières, des tempi plus lents, des textures plus chaudes, climats assombris, rêveurs parfois quoique tendus à l'extrême, qu'un solo grésillant tranche délicatement.

«Bruit», crie le public

Ainsi, l'aspect véloce du metal se confronte à l'épreuve de la pesanteur. Où l'on sent, et l'on entend, les doigts gourds contre le bois, la pulpe souffrant le martyre sur les cordes trop épaisses. Alors, ce n'est plus tant le cadrage parfait, obsessionnel, de la métrique metal qui tient l'ensemble, mais l'ambiance, diffuse, relative dans sa force, qui captive. Jusqu'à ce que nous revienne, ô violence, l'effet énorme, millimétré, d'un break carnassier, jouissance d'autant plus forte qu'on ne l'attendait presque plus.

Contexte oblige - les musiciens sont assis, le public aussi -, Nostromo salue d'un doux «merci». L'air de dire «vous ne perdez rien pour attendre». Et le public de se lever pour crier: «Bruit!». Jeudi 15 février à Antigel, Nostromo reviendra dans sa forme première, dûment électrifié.

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