Passer au contenu principal

Musiques en été se transforme en festival

Camille, Tiken Jah Fakoly, Baloji, I’m With Her: cet été, le parc La Grange consolide son affiche pop, tandis que l’Alhambra accueille le classique et le jazz.

I'm With Her, trio féminin de country, bluegrass, folk et quoi, on ne sait, puisqu'au XXIe siècle comme jadis d'ailleurs tous les styles se mélangent. Toujours est-il que ces fabuleuses personnes joueront violon «fiddle», banjo, guitare et chanteront au parc La Grange mercredi 22 août en clôture du festival Musiques en été.
I'm With Her, trio féminin de country, bluegrass, folk et quoi, on ne sait, puisqu'au XXIe siècle comme jadis d'ailleurs tous les styles se mélangent. Toujours est-il que ces fabuleuses personnes joueront violon «fiddle», banjo, guitare et chanteront au parc La Grange mercredi 22 août en clôture du festival Musiques en été.
Shervin Lainez

Trente-quatre concerts pour toute la saison estivale, dont une semaine complète au début d’août sur la Scène Ella Fitzgerald. En concentrant l’essentiel de son programme pop, jazz et classique dans le cadre verdoyant du parc La Grange, Musiques en été, à suivre du 6 juillet au 22 août, prend plus que jamais des allures de festival. Un effet renforcé par l’abandon provisoire de la cour de l’Hôtel de Ville, où classique et jazz avaient leurs habitudes. Le bâtiment étant en travaux, cette partie migre à l’Alhambra. Ici le parc, accès gratuit pour le public. Et là une salle confortable à l’acoustique rodée. Cette année, Musiques en été se donne les moyens de ses ambitions pour s’imposer comme «le festival central de l’été genevois», selon les mots du magistrat en charge de la Culture, Sami Kanaan. Lequel tient en la circonstance un événement de taille pour consacrer son arrivée en juin au poste de maire.

Un air d’outre-Atlantique

Au sommet de l’affiche campent Camille, pour la chanson, Tiken Jah Fakoly, pour le reggae: deux gros calibres de stature internationale, propres à satisfaire les ambitions du plein air – jusqu’à 4000 personnes les soirs de grande affluence. Le reste est à l’avenant, qui propose un choix racé d’artistes venus du monde entier. Nommons les Chiliens de Chico Trujillo côté cumbia, le rappeur belge Baloji, la chanteuse libanaise Yasmine Hamdan, cette autre voix, d'Iran, Mahsa Vahdat, avec le Kronos quartet, la fanfare roumaine Ciocarlia, le slameur américain Saul Williams en compagnie du saxophoniste de jazz David Murray, pour ne citer qu’eux… Également le Genevois d’origine zambienne Rootwords, as du hip-hop littéraire.

Beaucoup d’Afrique, d’Amérique, d’Orient. Univers en couleurs traversé d’une ligne folk, cette «part européenne des musiques du monde», résume le programmateur pop Jakob Graf. Folk, comme le songwriter du Missouri Kevin Morby, le virtuose du violon «fiddle», Jon Boden, de Chicago, accompagné par l’Orchestre de chambre de Genève (voir la sélection classique ci-dessous). Également les poussées blues rock des Barr Brothers, de Montréal. Et ce groupe vocal états-unien en pleine ascension, I’m With Her: un trio féminin dans le giron ultraconservateur du bluegrass, capable de jeter des ponts entre musique rurale et répertoire mainstream – merveilleuse reprise de «Send My Love» d’Adele…

Genève a-t-il enfin son open air?

Le jazz, à présent. S’il n’y a pas l’immense star dont les amateurs réclament la présence, tel Brad Mehldau en 2015, sinon le saxophoniste David Murray et le Mingus Big Band, orchestre de prestige s’il en est, matrice de la jeune garde en tout cas, la sélection vaut pour ce qu’elle évoque d’une scène émergente: aux vocalises de Sarah Vaughan, la jeune Jazzmeia Horn rend leur dû, de l’orgue Hammond des sixties, le trio danois Ibrahim Electric réveille les fulgurances. On les attend au même titre que le quatuor islandais ADHD et le Genevois Arthur Hnatek: hier batteur de Tigran Hamaysan, aujourd’hui d’Erik Truffaz, le prodigieux bonhomme jouera sur scène avec son projet Melismetiq.

Doté d’une affiche à la fois grand public mais assez pointue pour piquer la curiosité des mélomanes, Musiques en été a pris cette année un pari ambitieux: si la pop domine clairement le classique et le jazz (non moins intéressants par ailleurs), la manifestation organisée par la Ville de Genève se profile comme une alternative solide à la kyrielle d’open airs de moyenne envergure disséminés autour du Léman.

Dotée d’un budget stable, 893 700 francs pour l’ensemble de cette programmation éclectique, qui comprend également de l’opéra (voir notre sélection classique), la manifestation a gagné en envergure grâce à un complément de 85 000 francs dévolu à la semaine du 6 au 12 août. Une petite somme en regard du gargantuesque marché des concerts.

Musiques en été Du 7 juillet au 22 août, Scène Ella Fitzgerald du parc La Grange (gratuit), et Alhambra (payant). Programme complet: musiquesenete.ch

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.