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La musique, elle repousse les frontières

Ce week-end, j’irai fêter la musique dans les rues de Genève. Comme chaque année, cette fête nous rappelle à quel point la musique rassemble dans ses expressions multiples, véritable manifestation de la diversité et symbole d’ouverture. Étant programmatrice musicale, c’est l’occasion pour moi de (re)découvrir le fourmillement des propositions locales et de prendre la mesure des talents en présence. L’édition 2018 s’annonce particulièrement singulière, avec pour la première fois la venue de fanfares de rue issues des quatre coins du monde, qui déambuleront pendant six heures dans les rues de Genève avant de finir leur parcours en convergeant à l’Alhambra. Il y a aussi le joli projet Refugees for Refugees, réunissant dix musiciens en exil qui entremêleront sur scène leurs cultures et traditions syriennes, afghanes, pakistanaises et tibétaines.

Je veux un monde où ma fille puisse se rêver cheffe d’orchestre…

La musique, on la célèbre, elle fédère, elle passionne, elle repousse les frontières.

L’ambiance est festive, on découvre, par exemple, les derniers venus du hip-hop, on retourne écouter Danitsa, nouvelle étoile montante de la scène romande, on danse, on s’y rencontre et on échange autour de ce qu’on voit, de ce qu’il ne faut pas manquer. Et puis là, quand même, on se dit: «Elle fédère, la musique, mais des femmes sur scène, est-ce que tu en vois beaucoup?» Elles sont là, avec des représentantes de choix et, qui sait, peut-être plus nombreuses que lors des éditions précédentes, mais on est sans doute tout de même loin d’une représentation égalitaire. Et si les initiatives en faveur de la mixité émergent, il y a encore du chemin à faire… La prise de conscience d’une sous-représentation des femmes sur les scènes musicales a lieu en ce moment un peu partout dans le monde et les premiers chiffres tombent: en 2018, en France comme aux États-Unis, les affiches des grands événements sont composées d’un peu moins de 15% de concerts portés par des artistes féminines. Bien que la musique reste perçue comme un havre de diversité, la réalité traduit celle d’un milieu où les femmes sont non seulement moins nombreuses, moins programmées et moins récompensées, mais aussi moins subventionnées et moins payées.

Après le temps du diagnostic, il faut que les choses bougent. La présence des femmes dans l’art et la culture est importante et concerne tout le monde, car elle est le reflet du fonctionnement global. Comment peut-on accepter que les mécanismes de domination soient si criants dans un secteur de l’activité humaine qui se veut émancipateur, ouvert, critique, voire subversif?

Je veux un monde où ma fille puisse se rêver cheffe d’orchestre, batteuse, guitariste ou encore beatmakeuse. Et plus largement, je rêve d’un monde où les femmes qui s’engagent dans une carrière artistique ne soient pas majoritairement condamnées à choisir entre des rôles de muses ou de précieuses collaboratrices, dévouées et invisibles. Il y a là une anomalie démocratique de la sous-représentation des femmes dans le domaine artistique et culturel qu’il convient de réparer.

Je me réjouis ce week-end de voir des artistes inspirantes sur les différentes scènes de la Fête de la musique. Et je me réjouis davantage encore d’en découvrir de plus en plus dans les années à venir.

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