Montreux Jazz: «Le déménagement sera périlleux»

Montreux JazzComment le festival vivra-t-il hors du 2m2c en travaux dès 2020? Son ancrage provisoire sera crucial jugent les acteurs culturels, dont Daniel Rossellat, patron du Paleo.

Pour certains acteurs culturels, il s’agira de trouver une réelle alternative à l’Auditorium Stravinski, dont l’acoustique contribue largement à la renommée du Montreux Jazz Festival.

Pour certains acteurs culturels, il s’agira de trouver une réelle alternative à l’Auditorium Stravinski, dont l’acoustique contribue largement à la renommée du Montreux Jazz Festival. Image: Keystone

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En quittant provisoirement le Centre de Congrès, d’août 2020 à 2022, le Montreux Jazz Festival (MJF) aura un sacré défi à relever. Un édition extra-muros qui prendront la forme d’un virage à ne pas manquer. Et qui pourrait laisser des traces, à entendre Daniel Rossellat, patron du Paléo Festival à Nyon: «Il y a là un réel péril, mais aussi une opportunité.»

De multiples questions se posent: où se situera le centre névralgique du festival? Comment cet événement de portée mondiale parviendra-t-il à maintenir son identité? Réussira-t-il à préserver la satisfaction des spectateurs? Et, surtout, quelles solutions se profilent pour l’édition hors les murs habituels?

Pour l’heure, la création d’une halle amovible en mesure de se substituer au Miles Davis Hall est à l’étude. Son implantation reste à déterminer. Cette halle viendrait s’ajouter aux infrastructures existantes, comme le Casino ou encore les grands hôtels.

Directeur du Montreux Jazz Festival, Mathieu Jaton n’a pas souhaité répondre à nos questions mercredi. D’autres acteurs du milieu culturel réagissent. «Le choix de la nouvelle implantation sera crucial, poursuit Daniel Rossellat. Si elle ne convient pas, l’insatisfaction des spectateurs pourrait être très néfaste. Le public a néanmoins souvent moins peur du changement que les organisateurs! Nous nous en sommes aperçus en 1990, en déménageant de Colovray à l’Asse. Nous étions angoissés, alors que tout s’est très bien passé. Mais à Montreux, l’enjeu touristique est particulièrement important. De plus, il y a une forte identité à préserver. C’est un réel problème pour le MJF, qui doit à mon sens rester à Montreux ces deux ans. Ce déménagement sera très difficile.»

Directeur du Métropole à Lausanne, producteur et organisateur de spectacles, dont Sion sous les Etoiles, Michael Drieberg est plus nuancé: «Tout dépend effectivement de l’ancrage provisoire. Notamment pour ce qui concerne le festival off, à l’origine de revenus importants (ndlr: 7 millions de francs de revenus sur un budget de 28 millions en 2017). A mon sens, il ne faut pas quitter le bord du lac. La place du Marché serait préférable aux jardins du Montreux Palace, trop exigus. Quant à la salle provisoire, elle n’empêchera pas les gens de venir. Car le public vient avant tout pour l’artiste. Il s’agira cependant d’y investir de gros moyens financiers, afin de bénéficier de tous les avantages technologiques. D’ailleurs, l’acoustique de l’Auditorium Stravinski n’est pas la meilleure du monde. Elle n’est pas parfaite pour tous les genres musicaux. Les artistes, le plus souvent ravis de jouer à Montreux, ne renonceront pas à venir non plus.»

«Un énorme défi»

Au sein du Cully Jazz, dont le déplacement avait constitué un succès, Jean-Yves Cavin, codirecteur et responsable artistique, reste optimiste: «C’est un énorme défi pour le MJF, mais qui peut aussi lui ouvrir de nouvelles perspectives. Le Festival de la Cité, à Lausanne, a bien réussi son déménagement. Nous avions dû également quitter la salle Davel, qui avait brûlé. Cela nous avait donné un grand coup de fouet.» A Cully, le chapiteau nouvellement créé à l’époque est resté la scène principale. Et, sans l’incendie, le festival ne serait peut-être pas devenu ce qu’il est aujourd’hui. «A Montreux, relève le Culliéran, l’enjeu est de pouvoir donner des concerts d’aussi bonne qualité dans une salle temporaire non amplifiée. Montreux a en effet une superbe réputation en termes d’acoustique. Et, à mon avis, le festival devrait rester au centre-ville.»

Appel aux citoyens

Pour Guillaume Potterat, son homologue responsable de la logistique et des infrastructures, le MJF a tout à gagner dans l’aventure: «Le risque est moindre. Car le but des travaux est d’améliorer le cadre actuel. Et Montreux a une réputation et une capacité de résilience qui vont lui permettre de faire sortir le festival grandi après cette épreuve. Ce dernier ne se déroulera peut-être pas dans un cadre provisoire idéal, mais ce sera pour mieux rebondir par la suite.»

Pour Francis Scherly, professeur honoraire à HEC Lausanne, spécialiste en gestion touristique appliquée, ce sera également à chaque citoyen montreusien de soutenir ce déménagement, au vu de l’importance du MJF pour la ville. Et cela notamment en amenant des idées pour la période transitoire.

Créé: 04.10.2017, 20h46

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