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Moncef Genoud, ce rayonnant pianiste

Le musicien genevois se présente en quartet, jeudi à la salle communale d’Onex. Interview.

Moncef Genoud, pianiste: «Quand j’entends le gospel et le blues, je rayonne».
Moncef Genoud, pianiste: «Quand j’entends le gospel et le blues, je rayonne».
E. Berrod/WIPO

Il rayonne, Moncef Genoud, lorsque résonne le gospel ou le blues. Le pianiste genevois aime les chanteurs. A Onex, jeudi, ce sera donc en compagnie d’un vocaliste de la place, Ernie Odoom, également saxophoniste, que le musicien donnera à entendre sa série de «pop songs», des reprises virant de Kurt Weill à The Police, agrémentés de standards jazz et de compositions de son cru. Cyril Moulas à la basse, Paolo Orlandi à la batterie complètent ce beau quartet en quête de mélodies.

Moncef Genoud, 58 ans cette année, on ne le présente plus. Revenir sur sa biographie, cependant, permet de mieux saisir un parcours forcément unique. Voici son histoire. Où tout commence dans les années 1960.

L'oreille de l'enfant

«J’avais 7 ans, je fréquentais l’institut pour aveugles de Lausanne. Une demoiselle Gottraux me donnait des cours de piano. Dans mon coin, j’essayais d’improviser sur les chansons qui passaient à la radio, les Beatles, «Hey Jude». Ma professeure me disait: «intéressant...» Moncef Genoud est âgé de 11 ans lorsqu’il quitte l’internat pour intégrer le cycle d’orientation, à Genève. «Mes parents adoptifs avaient pris rendez-vous avec André Chavannes. Ils tenaient à ce que je suive la classe comme tout le monde.» Son goût du jazz, c’est son père qui le lui a donné, avec les disques de Louis Armstrong, les negro-spirituals du Golden Gate Quartet. Achille Scotti, pianiste de big band, aveugle lui aussi, lui popose des partitions en braille – succès mitigé pour Moncef, qui préfère apprendre d’oreille plutôt que de jouer avec une main, l’autre restant collée aux portées pour les déchiffrer… Henri Chaix, célèbre notamment pour avoir accompagné Sidney Bechet dans ses concerts européens, à son tour lui inculque les rudiments du swing, du jeu «stride». «Tu es ado, le ragtime que tu joues est correct, les camarades sont admiratifs.» Même le plus volatil des publics a de la valeur.

Moncef Genoud a 15 ans quand sa mère décède. Alors, de ses propres termes, il «s’enferme dans le piano». «Pour sortir de ma tristesse, j’ai bossé comme un malade. C’est à ce moment là que j’ai décidé de ma profession: je serai pianiste.» Il y aura le collège, section artistique musique à Voltaire, suivi du Conservatoire, filière pédagogique – enseignant, Moncef Genoud le reste encore. Tandis qu’en marge de ses études, il gagne son premier argent en assurant le piano bar des hôtels de la place, le musicien apprend le métier d’accordeur.

Retrouver la Tunisie

On ne mesure plus la distance qui sépare le jeune gars débordant d’envies du Moncef d’aujourd’hui, tant ce dernier dégage une apparence de sérénité. Pourtant, son oreille reste à l’affût, indocile, infatigable. Et l’envie de bourlinguer ne le quitte guère, quand bien même son poste de professeur au collège de Genève le retient le plus souvent au bout du lac. A New-York, cependant, le pianiste retrouve en 2004 Michael Brecker pour l’album «Aqua», trois ans avant la disparition du saxophoniste. A Dakar, ensuite, ce sera avec Youssou N’Dour: «Sa voix m’avait émotionné. je fonctionne par flash. Pourquoi ne pas l’inviter! Ça aura mis du temps. Pour finir, Youssou N’Dour s’est rendu au festival de Cully. On a répété deux heures pour jouer deux jours.» Le chanteur sénégalais a apprécié. La rencontre donnera lieu au film «Retour à Gorée» en 2007.

2019, dans le calme relatif du quotidien helvétique. Demain à Onex, c’est concert. Demain, c’est «song». «La mélodie, c’est ce à quoi je tiens le plus.» Mention spéciale pour Ray Charles, grosse inspiration aux côtés des pianiste «mélancoliques», les Keith Jarret,, les Brad Mehldau. Enfin, Moncef Genoud cite Lotfi Bouchnak, chanteur tunisien: «Les modes arabes, ce sont là mes origines», rappelle Moncef Genoud, avant de préciser qu’une collaboration est en préparation. «Qu’est-ce que ça touche en moi, la musique? Je ne sais pas. Sinon que je me sens bien. Sans la musique, le monde s’arrêterait de tourner.»

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Moncef Genoud Quartet

je 17 oct., 20 h, salle communale d’Onex, dans le cadre de JazzContreBand. Infos: spectacles-onesiens.ch

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