Midnight Oil enflamme Guitare en Scène

CritiqueJeudi en ouverture de la 13e édition, Peter Garrett et sa troupe conviaient la foule à leur rituel de rock et d'hymnes humanistes.

Jeudi 11 juillet, Saint-Julien-en-Genevois: le chanteur Peter Garrett du groupe australien Midnight Oil, en concert au festival Guitare en Scène.

Jeudi 11 juillet, Saint-Julien-en-Genevois: le chanteur Peter Garrett du groupe australien Midnight Oil, en concert au festival Guitare en Scène. Image: Laurent Guiraud

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Les frontières sont poreuses, Peter Garrett le sait depuis longtemps. Lorsque le chanteur du groupe australien Midnight Oil s'adresse à la foule venue en masse jeudi à Guitare en Scène, il lance: «On joue en France». Cri d'approbation. Puis ajoute: «Near the swiss boarder!» Nouveau cri d'approbation. Le festival se situe à un jet de pierre de la douane, L'open air de Saint-Julien-en-Genevois appartient aux grandes manifestations musicales de la région.

Midnight Oil: «Le pétrole de minuit», celui qu'on brûle tard dans la nuit, s'embrase une nouvelle fois, le son à plein volume, l'énergie pour boussole, le répertoire de ces flamboyantes années 1980 en guise de matériau principal. «The Dead Heart», «Dreamworld», «Whoah», «Power And The Passion», «Forgotten Years», «Blue Sky Mine»... Beaucoup de l'album «Diesel And Dust», ce phare humaniste, écologiste, exhortant le gouvernement australien à rendre leurs terres aux autochtones d'avant la colonisation.

Sous la pop, le rock

En écran de fond, le groupe a accroché le drapeau aborigène, soleil jaune au centre, bande rouge en bas, noire en haut, rendu en plus abstrait sous les lumières de la scène. C'est alors au tour de Rob Hirst, batteur, cofondateur et parolier en chef des «Oils», de s'exprimer: «Cet emblème, on l'a proposé au gouvernement, qui n'en a pas voulu». L'actualité reste brûlante. Midnight Oil ne se prive pas d'en parler, élargissant son discours au reste du monde. Ainsi lorsque Peter Garrett évoque son désamour pour le président des Etats-Unis: «Trump ne doit pas être réélu». Point à la ligne. L'orchestre s'enflamme. Chant grave et danse épileptique viennent couronner le band parfaitement au point. Jim Moginie et Martin Rotsey aux guitares, Dwayne Hillman à la basse, le quintet de la grande époque n'a pas bougé; il est désormais sextet, avec Jack Howard aux claviers et au saxophone.

Deux ans après avoir repris la route, dix-sept ans après leur dernier album, en attendant un probable nouvel opus, Midnight Oil sonne de mieux en mieux. C'était une bonne surprise parmi d'autres en 2017 à Paléo. A Guitare en Scène, la nuit leur appartient. Alors, Midnight Oil se lance dans un rock puissamment charpenté, plus dur qu'on ne l'aurait attendu, parcouru de distorsions. Rappel des origine du groupes, lequel a débuté dans un registre plus punk, new wave également, proche de R.E.M., des Cure à certains égards, avant de dériver lentement vers une matière pop, dont sont issus ses hymnes les plus fameux.

Trois fameux accords

Midnight Oil, chose extraordinaire, a su cultiver ses particularités politiques, également musicales, si bien rendues sur scène aujourd'hui encore. Cela tout en restant populaire. C'était sa force dans les années 1980. En plus confidentiel mais non moins généreux, cette force demeure en 2019.

Enfin, une ligne de basse retentit, si simple qu'on en rougit encore 32 ans après sa création. Puis les trois accords. «The time as come, to say fair's fair, to pay the rent, to pay our share.» «Beds Are Burning», comme en 1987, tube mondial, Le public exulte. Midnight Oil gonfle ses poumons. Jeudi 11 juillet à Guitare en Scène, on serait venu rien que pour ça.

Créé: 12.07.2019, 16h12

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