Messie rock, Thom Yorke revient au Montreux Jazz en moine electro

FestivalLe chanteur de Radiohead joue ce jeudi soir ses œuvres solo. Ou comment vivre dans une révolution technologique que l’on devina mieux que d’autres.

Thom Yorke en 2019: barbe, catogan et electro. Le chanteur de Radiohead, 50 ans, a sorti ce mois-ci son troisième solo.

Thom Yorke en 2019: barbe, catogan et electro. Le chanteur de Radiohead, 50 ans, a sorti ce mois-ci son troisième solo. Image: REUTERS

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En 2003, la première et la dernière fois que Radiohead a joué au Montreux Jazz, Facebook n’existait pas plus que YouTube, mais le groupe avait ressenti à travers sa musique les mutations irrémédiables de la communication globalisée. Six ans plus tôt, «OK Computer» interrogeait dans ses thématiques (et son titre seul) les révolutions à venir, que les cinq d’Oxford transformaient en acte dès 2000, faisant avec «Kid A» le choix de l’electro à la plus grande stupéfaction de tous. Cohérent dans son fond comme dans sa forme, conciliant avant-garde et succès pop, porté par une voix à cette époque unique dans le rock anglo-saxon, Radiohead était alors le meilleur groupe du monde.

Seize ans plus tard, Thom Yorke au Stravinski ressemble à des retrouvailles avec un devin génial, un peu barré (et portant catogan!), si juste dans sa prescience qu’il che­r­che depuis à se réinventer dans un carcan de styles déjà visités et à s’extirper de sa figure de rock-star qu’il détesta dès le succès MTV et post-grunge de «Creep».

Il y a de l’événement dans l’air, bien sûr, car le tout juste quinquagénaire n’a jamais joué solo en terres romandes, et parce que les témoins du concert montreusien de Radiohead en gardent le souvenir vif d’un moment réellement exceptionnel. Mais alors que ce dernier survenait idéalement au faîte de la gloire du groupe, la venue de Yorke, accompagné de son producteur de toujours, Nigel Godrich, et de l’artiste audiovisuel Tarik Barri, intervient dans ce monde individualisé, fragmenté, banalisé par sa technologie binaire dont Radiohead annonçait l’ère. Bien que révéré, Thom Yorke est ainsi revenu sur terre, son groupe a fait le choix de la vente directe de sa musique sur le Net, lui-même apprécie mixer dans les clubs de New York ou de Berlin en quasi-anonyme, et «Anima» (ci-dessous), son troisième solo sorti la semaine passée, rejoue avec qualité mais sans surprise la formule «electro déstructurée et ambiant + voix à la fois belle et craintive» qui a fait sa marque.

De ce concert attendu et énigmatique, beaucoup dépendra du supplément d’âme que l’auteur de «Karma Police» sera capable d’insuffler à l’écrin du Stravinski, qui sait si bien se faire temple ou tombeau.

Montreux, Centre de Congrès
Je 4 juillet (20 h). Première partie: Andrea Belfi. Avec aussi James Blake (Lab) et Robben Ford (Club), etc.
www.montreuxjazzfestival.com

Créé: 04.07.2019, 11h53

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