Mark Knopfler, un dernier tour et puis s’en va

CritiqueDimanche à Guitare en Scène, le leader de Dire Straits tirait sa révérence devant une foule bercée de nostalgie.

Mark Knopfler, l’homme qui, parfois, sourit, donnait dimanche 14 juillet, à Guitare en scène, son concert d'adieux.

Mark Knopfler, l’homme qui, parfois, sourit, donnait dimanche 14 juillet, à Guitare en scène, son concert d'adieux. Image: Laurent Guiraud

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Il avait seize ans, les joints tournaient; il bourlinguait guitare sur le dos, levait le pouce pour tracer la route. «Je me souviens de ce paysage enneigé la veille de Noël. Aucune voiture à l’horizon, aucun camion, pas un lapin…» Ce dimanche-là, lorsque Mark Knopfler s’adresse à la foule compacte qui lève les yeux vers son visage immobile, ça a beau être jour de fête nationale, on songe plutôt à la messe. À un culte, dont le prêtre, enfin reposé après quarante ans à battre les campagnes, partagerait ses rêves de gosse écossais. Toujours plus à l’ouest, vers les vastes paysages américains, vers la country, le folk, le boggie rock, le western swing. Mark Knopfler chante «Matchstick Man», l’une de ses dernières chansons. C’est un souvenir ancien, c’est une berceuse.

Avec neuf albums solos depuis la fin de Dire Straits, la vedette du jour a de quoi faire pour une bonne grosse heure et demie. Ballades celtiques, rocks au petit trot, un peu reggae, un peu latin: il y a du violon, de la flûte, du bouzouki irlandais, de la trompette, du saxophone ténor, même de l’accordéon. «Je ne connais qu’un seul instrument. Mes musiciens, eux, en jouent 48!» Humble Knopfler, dont le doigté souple n’a rien perdu du feeling des années 1980, dont la voix reste à peu de chose près comme à l’époque.

«Thank You Mark»

Mais ce qu’attend le public, évidemment, c’est Dire Straits. «Romeo and Juliet», «Once Upon A Time In The West», une dernière danse d’amoureux sur cette musique tout public que Mark Knopfler et son band livrent sans empressement, sur la pointe des pieds. Au terme d’une introduction jazzy, le sax fait éclater le thème de «Your Latest Trick». On frissonne. Knopfler esquisse un tout petit sourire, puis marmonne les paroles d’«On Every Street». Synthétiseurs, descente virtuose à la batterie, riff saturé: «Money For Nothing» enfin. Nouveau frisson.

Dimanche à Guitare en scène, le public a récupéré ses souvenirs, un bout de vidéo sur téléphone, le carton avec écrit dessus «Thank You Mark» qu’on trouvait aux bars du festival. La boucle est bouclée. Mark Knopfler peut rentrer. Tranquille.

Créé: 15.07.2019, 15h23

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