Marc Perrenoud, un trio de jazz à s’en relever la nuit

JazzLe musicien genevois livre «Morphée», son 5e album en trio. Concerts vendredi et samedi à Onex.

De gauche à droite: Marco Müller (contrebasse), Marc Perrenoud (piano), Cyril Regamey (batterie).DR

De gauche à droite: Marco Müller (contrebasse), Marc Perrenoud (piano), Cyril Regamey (batterie).DR

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Il neige au bout du lac. Un disque tourne sur la platine. La composition s’intitule «Stairs», les escaliers. Sept notes descendantes au piano, une simple gamme en apparence. Mineur d’abord: si, la, sol, fa – la neige ne tient pas, le bitume est détrempé – mi, ré encore – les journées se rallongent. Enfin, do dièse. La musique, aussitôt, vire au majeur. Le soleil crève le ciel gris.

«Stairs», cette composition originale de Marc Perrenoud, figure sur le nouvel album du pianiste genevois, qui réalise son cinquième opus en trio, baptisé «Morphée». Avec Marco Müller à la contrebasse, Cyril Regamey à la batterie, voilà la fine fleur du jazz helvétique, versant acoustique à l’ancienne, dont on ne discute plus ni le savoir-faire – douze ans sur les routes – ni cette force toute en élégante retenue. À la scène, le trio fait merveille: prochaine apparition vendredi 28 et samedi 29février au Manège d’Onex, pour un concert-vernissage. Au disque, «Morphée» livre des humeurs globalement douces, contrastées d’intenses passages d’énergie. On retient déjà le songeur «Twenty Five Ghosts», dessiné d’une pointe nette au clavier, également le plus méditatif «A Flower to my Daughter», porté par le timbre grave et profond de la contrebasse; inspirée d’un poème de James Joyce («Oh, mon enfant aux veines bleues...»), cette musique de Perrenoud avait donné lieu à une version chantée avec Elina Duni, à l’enseigne du groupe Aksham. Et s’il faut du nerf, on ira vers «The REB», basse, batterie et piano tous ensemble dans les graves sur un rythme trépidant.

En fait de saison, si «Morphée» sort en hiver, c’est en été qu’il a été inventé. Août2019, de nuit. Ici la chambre, et là le piano. L’instrument est doté d’un système silencieux, seul le musicien l’entend. D’ordinaire, notre homme est un matinal – «Je me lève, je m’y mets, allez, hop!» Mais il faisait si chaud... Alors, il somnole jusqu’à deux heures du matin, se réveille vers trois heures, se met à l’ouvrage. «Me retrouver entre rêve et réalité m’a procuré des sensations… intéressantes.» Dans la nuit estivale, Marc Perrenoud esquisse des mélodies, cherche des atmosphères, se pose des contraintes nouvelles. Et si l’on mettait do dièse en guise de tonalité? Ça ferait un groove d’enfer. Ce sera «East Tower», une composition non dénuée d’excitation. «La nuit, retient Marc Perrenoud, permet d’insuffler son propre rythme, personnel. Parce qu’il n’y a pas de rendez-vous, pas de repas ni aucune autre obligation.»Fabrice Gottraux

«Morphée» Marc Perrenoud Trio (Neuklang), en concert ve 28 et sa 29 fév., 20h, Le Manège, Onex, www.spectacles-onesiens.ch

Créé: 28.02.2020, 17h07

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