Un marathon sans s’essouffler

Musique Le Conservatoire de Genève a ouvert ses portes ce week-end et confirmé toute sa popularité. Reportage.

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Du long «Marathon musical» qu’a offert cette fin de semaine le Conservatoire de Genève, on pourrait évoquer des instantanés choisis de ce qu’a offert la scène de la place Neuve. Pointer ainsi quelques moments parmi les trente-trois concerts mis à l’affiche, qui ont mobilisé des troupes imposantes – 800 élèves, 120 professeurs. Mais il convient de souligner tout d’abord un trait de l’événement qui, lui, n’a rien de musical. Il s’est déployé sur le parvis du siège historique de l’institution, mais aussi à son intérieur, dans une rampe d’escalier saturée de visiteurs ou encore dans les petites pièces bordant la grande salle, prises elles aussi d’assaut par la foule.

Partout donc, des musiciens en herbe: ils ont entre 4 et 20 ans; ils sont souvent flanqués de leurs parents. Mais surtout, ils affichent une curiosité dévorante pour les instruments qui leur sont présentés ou trahissent une petite tension avant une montée sur scène attendue depuis des mois.

Désir d’ouverture

S’il fallait mesurer la popularité de l’institution, l’opération portes ouvertes de vendredi et samedi apporterait la plus rassurante des réponses. A la fois vaste vitrine – quasi exhaustive – exposant les activités pédagogiques offertes entre ses murs, mais aussi occasion d’établir un premier contact entre instruments et futurs musiciens indécis, le «Marathon musical» a rempli donc sa mission, une fois encore, pour sa septième édition. «Au départ, en 2011, nous avions envie de lancer une sorte de festival où les élèves auraient été au centre de tout, note le directeur adjoint du Conservatoire, Philippe Chanon. Aujourd’hui, la manifestation maintient ce cap mais contribue aussi à changer le regard que porte sur nous la population. Le Conservatoire est ouvert à tous, il n’est ni cher ni réservé à des élites.»

Un désir d’ouverture porté aussi par la directrice Eva Aroutunian, qui se traduit notamment à travers des collaborations fructueuses avec la Croix-Rouge et l’Hospice général de Genève. La plongée entre les couloirs et les salles du bâtiment dit la diversité du public, ses origines parfois éloignées et ses goûts très variés. On y croise Eason, par exemple, 7 ans et une envie de se mettre à la batterie, «parce que pour lui, ça fait mec», dit en souriant son père Jingjin, d’origine chinoise. On rencontre aussi Gabriele, 5 ans, dont la mère italienne ne parvient pas à expliquer son intérêt pour le violoncelle, alors qu’elle n’est pas musicienne et qu’elle n’a jamais exposé son fils à l’instrument aux quatre cordes. On rencontre Martina, 9 ans, déjà violoncelliste, mais qui veut poser ses mais sur une harpe, pour le bonheur de sa mère Montsé. Et on entend la voix prometteuse de Danaè, qui, à 19 ans, se fraie un chemin estudiantin à l’EPFL sans perdre de vue son amour pour le chant. Autant d’instantanés d’un marathon qui n’a pas connu d’essoufflement.

(TDG)

Créé: 09.04.2017, 18h10

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