Passer au contenu principal

Lomepal, reflet d'une génération éclatée, assez inquiète

Antigel ouvre ses portes au rap francophone. C’était dimanche à l’Alhambra. C’était jeune.

Lomepal, dimanche à l’Alhambra pour le festival Antigel, au milieu de la foule, entre ados et jeunes adultes.
Lomepal, dimanche à l’Alhambra pour le festival Antigel, au milieu de la foule, entre ados et jeunes adultes.
Volpe Photography

Comment, pour l’adulte vacciné, ne pas tenter la sociologie du rap d’aujourd’hui? Lorsque Lomepal, figure montante de la scène francophone, se présente à l’Alhambra un dimanche soir d’Antigel, tout est dit d’entrée de jeu: au même titre que le compère genevois Di-Meh, qui ouvrait les feux, Lomepal – Antoine Valentinelli, skateur parisien de 26 ans – se présente à une foule déjà acquise. Grâce à la chambre d’écho d’Internet. Grâce à ses sons mêlant douceurs mineures et refrains hurlés. Grâce aux thèmes abordés.

Lomepal vient-il de manquer les Victoires de la musique? Celles-ci lui ont préféré Orelsan. Mais vu d’ici, à l’heure d’un show rap tout ce qu’il y a de plus traditionnel dans la forme – DJ derrière, MC devant, plus le collègue «backeur» en soutien sur un second micro – l’affaire reste la même. Du Beat Festival à l’Arena il y a quelques semaines, Damso, Roméo Elvis, Lorenzo en vedette mainstream, en attendant Eddy de Pretto à Voix de Fête en mars pour un volet plus torturé, cette scène en pleine expansion depuis quelques années recueille tous les suffrages et remplit des salles – carton plein avec 750 personnes dimanche à l’Alhambra. Et cette même scène se permet désormais de brasser large, de la variété vers l’expérimental, du show-biz – Vald, SCH et j’en passe – à l’alternatif pur et dur – les soirées Axe du mal à Genève.

«Le rap n’est qu’un outil parmi d’autres», raconte Lomepal allongé dans les loges. Nonchalance? Plutôt une distance mêlée d’inquiétude, même légère, face à la culture de masse: «Il faut en profiter maintenant.» Car le succès file. Lui reste, alors, à poser un décor suffisamment cohérent: «Une longue liaison qui s’est terminée. De quoi pourrais-je parler d’autre?» Du monde comme il va? C’est dans le texte d’Oyasumi: «J’habite pas dans un pays en guerre, j’ai une famille qui m’aime et je perds pas encore mes cheveux.» Incontestable Lomepal, qui soigne les refrains haut-le-cœur, beuglés à tue-tête par les fans – «Mais on s’habitue, bientôt ça me fait plus d’effet» – autant que les passes mélancoliques: «Soixante-dix, le buvard d’Hendrix, soixante-dix, un âge que j’attendrai sûrement jamais.» Crise de la vingtaine. Les ados adorent aussi.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.