Les Libertines se rabibochent

DisqueAvec «Anthems for Doomed Youth», le remuant duo londonien revient aux affaires. Plutôt réussi.

The Libertines, groupe anglais formé autour de Carl Barât et Pete Doherty, livre un troisième album que l’on n’attendait plus, «Anthems for Doomed Youth».

The Libertines, groupe anglais formé autour de Carl Barât et Pete Doherty, livre un troisième album que l’on n’attendait plus, «Anthems for Doomed Youth». Image: Bertrand Guay

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Onze ans ont passé depuis le second album élégamment décati des rockers Libertines, The Libertines, en 2004. Onze ans et une interminable crise d’adolescence pour le chanteur Pete Doherty, membre le plus célèbre de ce groupe londonien évoquant, parfois, le punk groovy des Clash. Des postures destroy à la vacuité des tabloïds people, Doherty sera tombé au plus bas, pour finir par ne plus intéresser personne. Avant de se relever, la silhouette incertaine, l’œil glauque, à l’occasion d’un disque en solitaire, Grace/Wastelands, en 2009, coup d’œil saisissant sur un amateur de poésie symboliste finalement convaincant. Et puis? Sans compter les Babyshambles, formation très approximative censée, entre-temps, relancer les enchères sur ses aptitudes de rock star, Doherty semblait promis dans le meilleur des cas à une semi-retraite. C’était sans compter sur Carl Barât, l’autre moitié fondatrice des Libertines. Un musicien aguerri, celui-là. Une sale gueule également, avec lequel Pete jouait des poings pour dire leur mal-être réciproque. Carl Barât, contrairement à Pete Doherty, n’a jamais baissé la garde, tournant régulièrement avec Dirty Pretty Thing d’abord, puis The Jackals. Vu en 2011 à l’Usine pour le festival de La Bâtie, le Barât avait fière allure, mais peu de voix. Quant au Pete, qui se fait désormais appeler Peter, deux ans plus tôt à Paléo, ça n’était pas Byzance pour le pauvre homme qui avait tout de même assuré seul l’entier de son concert. Avec le charme des paumés en plus. Rebelote au Victoria Hall pour le festival Antigel en 2013.

En 2015, revoilà donc les Libertines. Après un court essai de retrouvailles sur scène en 2010, grassement payé dit-on, le groupe livre son troisième album. Anthems for Doomed Youth, «hymnes pour jeunesse maudite»: belle équipée renouant ici ou là avec les penchants littéraires de Pete Doherty, dont ce charmant Gunga Din inspiré de Rudyard Kipling côté textes. On reconnaît la syncope reggae si chère aux Clash, agrémentée d’une guitare solo de circonstance. A priori, rien de bouleversant, sinon la rupture enlevée qui mène au refrain, une chatoyante chorale masculine. Ils vont ainsi, les Libertines nouveaux, cavalcadant d’une joie non simulée vers des climats plus rêveurs, ainsi de Fame and Fortune, lorsque les chœurs s’éloignent subitement, rappelant alors l’héritage des Beatles psychédéliques. Une ballade, l’homonyme Anthem for Doomed Youth, pose les voix de Barât et Doherty en parfaite complétude, et en toute amitié semble-t-il. Il y aura encore du rock de bon aloi (style «garage» avec Belly of the Beast) et même un slow final, Dead for Love, triste et sombre comme un dimanche privé de douceur, emphase tout anglaise d’une culture pop issue, pour son sens de la mélodie, des comédies musicales. Sans prétention apparente, avec un brin de second degré, voilà qui fait passer nos trublions à l’âge de (jeunes) adultes. Enfin.

The Libertines «Anthems for Doomed Youth», Universal, sortie le 11 septembre

Créé: 04.09.2015, 19h56

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