Les marges s'accordent au cœur de la Cité

FestivalLe rendez-vous lausannois vibrera durant six jours. Sélection curieuse parmi l’avalanche de sons hors normes.

Rock sixties américain et folklore turc joué sur un baglama à deux manches: Derya Yildirim & Grup Simsek font le grand écart jeudi soir à la Cité.

Rock sixties américain et folklore turc joué sur un baglama à deux manches: Derya Yildirim & Grup Simsek font le grand écart jeudi soir à la Cité. Image: DR

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Plus de 70 concerts en six jours de festival. Il fait trop chaud pour s’imposer l’addition, mais gageons que le visiteur appliqué de la Cité n’aura pas assez de semelles à user pour tout écouter, au gré de toutes les scènes disséminées dans la vieille ville lausannoise. À l’exception de (bonne) musique ayant le handicap de réclamer de trop grosses batteries et un son trop épais pour ne pas exploser la limite sacro-sainte des 93 dB, les styles les plus divers et les moins standard seront disponibles, entre les cartes blanches aux labels Hummus et Three: four dans les jardins du Petit Théâtre, la «poésie sonore» et l’«agencement de sons» promis sur la placette Centrale, la musique classique et contemporaine dans tous les recoins de la cathédrale et, bien sûr, de «vrais» concerts sur de «vraies scènes», à heures fixes. Quatre idées extraites de la masse.

Derya Yildirim & Grup Simsek
Le rock garage des années 60 est-il soluble dans le folklore turc? Le sable du désert californien dans celui des montagnes d’Anatolie? Derya Yildirim pense que oui, et le prouve. Cette expatriée née à Hambourg et résidant à Berlin construit en groupe cosmopolite (anglo-français) les ponts tout en ondoiements électriques entre Orient et Occident, swing rock et groove ethno. Devant des musiciens armés de l’arsenal idoine (claviers vintage, guitares électriques et batterie), la chanteuse caresse son baglama, un luth à trois cordes tendues sur un manche très fin. «J’ai appris son maniement avant même de savoir l’alphabet», remarque Derya Yildirim. Avec un premier disque comme les Doors cuits dans un kebab, le groupe envoie évidemment la sauce.
Je 11 (21 h 30), Le Grand Canyon

Portron Portron Lopez
Les frangins Portron et monsieur Lopez (lequel ne fait plus partie du groupe, mais le nom est resté) ne donnent d’eux pas beaucoup d’information sur le Net. La faute, sans doute, à une vie en mode alternatif, de squats français en clubs belges jusqu’à la Cité lausannoise, dont le programmateur Vincent Bertholet ne tarit pas d’éloges sur la musique des gars de Limoges, autoqualifiés «Power Trio Garage Psychedelic des Caraïbes». Soit un combat de guitares électriques sur un ring de rythmiques afro, une baston de six cordes postrock giflée par un groove maniaque. Une batterie, deux guitares: trois raisons de découvrir la musique des Limousins, dont l’art de la transe fait trembler tous les services en porcelaine.
Je 11 (00 h 30), La Face Nord

Black Sea Dahu
Il suffit de regarder la chorégraphie de «Take Stock of What I Have» pour tomber sous le charme de cet animal étrange – pas le quadragénaire skateur glissant en triple, avec une grâce pataude, sur le bitume zurichois, mais ce dahu noir et marin qui en orchestre les variations musicales. On parle de «dark folk» pour situer ce quintette venu d’outre-Sarine, parmi les plus actifs groupes alémaniques, au bénéfice d’une actualité massive où seules deux dates romandes (la Cité et Paléo) viennent s’immiscer. Porté sur la voix grave et douce de Janine Cathrein, Black Sea Dahu crée des constellations instrumentales tout en sobriété, pas le moindre des paradoxes de cet animal imaginaire à suivre de près.
Ve 12 (21 h), Le Grand Canyon

Kokoroko
Il est plus difficile d’orthographier correctement le nom de ce groupe que de l’écouter. Savoureux, ondoyant, en retenue élégante comme en maîtrise subtile, le collectif londonien affole les gazettes ou ce qu’il en reste depuis la sortie de son premier EP au début de l’année. Un seul titre, «Abusey Junction», inocule depuis lors sa fausse torpeur de cuivres et de guitare chez les amateurs de jazz contemporain et d’afrobeat, dont Kokoroko assure le plus doux équilibre. Les huit musiciens, âgés de moins de 30 ans, réussissent la synthèse des traditions dans un environnement occidental et urbain, conciliant l’art de l’improvisation et celui des rythmiques de l’Afrique de l’Ouest et d’Éthiopie, avec pour enjoliver le tout une solide section de chœurs féminins.
Sa 13 (21 h), Le Grand Canyon

Créé: 10.07.2019, 19h44

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