La Fête de la musique soigne sa zone de confort

EvénementMoins de concerts, moins de scènes, plus de place: du 22 au 24 juin, la 27e édition allège encore son dispositif, afin de désengorger les Bastions et faire face à un budget serré.

Ambiance rock'n'roll à la Fête de la musique, Genève, le 24 juin 2017.

Ambiance rock'n'roll à la Fête de la musique, Genève, le 24 juin 2017. Image: Magali Girardin

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À première vue, c’est un dispositif à la baisse que livre cette année la Fête de la musique: 28 scènes disséminées de part et d’autre de la vieille ville, pour un total de 562 concerts, spectacles de danses et projection de films compris. Soit 130 propositions de moins que la livraison 2017, qui alignait 31 scènes. La Rive droite, arpentée l’an passé par une scène mobile, est définitivement lâchée cette année.

La danse retourne aux Casemates

À seconde vue, et comme on serait trop chafouin de chercher la petite graine, le grand raout des musiciens de tous acabits, la fiesta des écoles de musique, la giga réunion des chorales, des amateurs de rock, des pros du baroque en goguettes et on en passe tant, garde l’essentiel de ses charmes. Même plus «petite», la programmation reste pléthorique. Et l’événement peut toujours se vanter d’être le plus populeux du canton: quelque chose comme 200 000 visiteurs par beau temps. Quand bien même les organisateurs n’avancent plus aucun chiffre officiel depuis 2013. A bien y regarder, on constate que si la Ville a comme volonté de «resserrer» son périmètre, finances oblige - sur un budget stable de 1,5 million de francs, 210 000 francs sont obligatoirement consacrés au dispositif de sécurité, cela depuis l’édition 2017 - il s’agit également de soigner sa zone de confort. «Désengorger» les Bastions, telle est l’expression préférée de Laurent Marty, coordinateur de la grand-messe culturelle. De sorte que la populace circule à l’aise entre le bas et le haut de la vieille ville. Charmante perspective, qui ne devrait pas épuiser les curiosités mélomanes, au contraire.

Des modifications, il y en a, comme à chaque édition, qui concernent essentiellement les rocades entre un lieu et un autre. Point de concert à L’Abri cette fois, mais le retour de la salle des Abeilles. Point de restaurant des Bastions non plus, ceci pour éviter les «pollutions» sonores induites par une trop grande concentration de musiciens au mètre carré. Des «rotations» de programme, on retient également l’affiche de danse contemporaine: celle-ci quitte le Musée d’art et d’histoire pour la cour des Casemates, qu’elle connaît bien pour l’avoir pratiquée il y a quelques années de cela. Le plancher avec les arbres au milieu, c’était là. C’était bien joli. Ça revient, dans un dispositif quadrifrontal cette fois. Une cinquantaine de spectacles s’y dérouleront toutes les vingt minutes, dont une série de duos créés pour l'occasion, faisant se rencontrer danseurs et musiciens. Tandis qu’au Musée d’art et d’histoire, on y verra ce qui d’ordinaire prenait place dans la Cour de l’Hôtel de Ville, actuellement en travaux: les hybridations ont la cote par ici, notamment avec le rappeur Jonas en compagnie de l’ensemble baroque Le Chant des Roseaux (ve 22). Comme cette rencontre entre les ensembles contemporains Eklekto, Contrechamps et Séquence pour une partie commune du côté de chez Steve Reich (sa 23).

La tour du «port de Neuve»

La scène musicale genevoise est particulièrement vivace ces dernièers années, et la Fête de la musique se fait à juste titre l'écho de cette effervescence. D’une programmation nourrie de plusieurs milliers de musiciens, classique et musiques «actuelles» à dose équilibrée, retenons quelques moments choisis. Aux Réformateurs, scène centrale de la Fête, jouera La Tempête, réunion de deux formations rock-jazz du cru, L’Orage et L’Éclair (ve 22). Également le Bakolo Music International, orchestre congolais fameux pour avoir participé à l’âge d’or de la rumba congolaise, dans les années 1950 (sa 23). Ainsi que le groupe Refugees for Refugees, formé en Belgique avec des musiciens du Pakistan, de Syrie, d'Afghanistan et du Tibet (di 24). Et puisque la scène rap du bout du lac y met volontiers le feu, l’Alhambra fera honneur aux trublions du micro, les Di-Meh, Slimka et Makala furieux, en tête à tête avec le Lausannois Stress et des gens de Berne, nous dit-on. À voir sur pied, comme on ira à la guinguette, espace de danse pour tous installé trois jours durant Promenade Saint-Antoine. Compter encore avec un défilé de fanfares «alternatives», les Dek'Onex, Palenque et autres Canards des Cropettes, samedi dans les rues de la ville.

Enfin, une tour sera édifiée sur la place de Neuve, rebaptisée pour l’occasion «port de Neuve». S’y présenteront les DJ de la région, parmi lesquels une délégation fort bien dotée en vinyle dépêchée par les derniers magasins de disques de la ville, les Dig It, Bongo Joe et autres Urgence Disk. Dans le reste du Canton, sept communes participent à la manifestation cette année, Carouge, Plan-les-Ouates, Versoix, Bernex, Confignon, Genthod et Lancy.

En 2018, la Fête de la musique joue plus petit? Cela ne l’empêche pas de s’en mettre plein les oreilles.

27e Fête de la musique, du 22 au 24 juin, gratuit. Programme complet sur fetedelamusique.ch, programme papier encarté dans la Tribune de Genève, le jeudi 21 juin.

Créé: 11.06.2018, 18h30

Cliquez sur l'image pour l'agrandir. (Image: G. Laplace)

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