Khatia Buniatishvili, celle qui ose

ClassiqueLa pianiste géorgienne joue seule vendredi sous la grande tente à Gstaad. Analyse d’un phénomène.

Khatia Buniatishvili lors d'une précédente édition du Gstaad Menuhin Festival.

Khatia Buniatishvili lors d'une précédente édition du Gstaad Menuhin Festival. Image: Raphael Faux / Gstaad Menuhin Festival

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Elle sera seule, Khatia Buniatishvili, sur la scène de la tente de Gstaad, ce vendredi 16 mai. La pianiste géorgienne de 32 ans joue la vedette. Mais mis à part Lang Lang, qui a déjà réussi le même coup au même endroit, très peu d’artistes sont capables de remplir sur leur unique nom une grande salle de concerts. En novembre dernier, son récital à la Philharmonie de Paris affichait complet cinq mois à l’avance. Son concert en tandem avec sa sœur Gvantsa ce dimanche 18 août, à Tannay, l’est aussi (musicales-tannay.ch). Heureusement, à Gstaad, il reste encore quelques sièges vides.

«Être seule, c’est aussi être libre», affirmait Khatia Buniatishvili dans une de ses interviews à propos de l’exercice du récital solo. La liberté, c’est ce qui fascine dans l’image que renvoie la pianiste. Elle apparaît libre dans un monde musical plutôt corseté: son tempérament volcanique, ses tenues légères, sa mèche sauvage et son charisme séduisent un public bien plus large que les amateurs habituels de musique classique, lesquels sont divisés à son propos; soit on l’adule, soit on la démolit. À Gstaad, où elle joue très régulièrement depuis 2003 (elle avait alors 16 ans!), le choix est fait.

Libre, Khatia Buniatishvili l’est aussi par rapport à la technique. Son toucher fluide, sa capacité à tenir les phrasés les plus étales, sa vélocité digitale, sa puissance de frappe lui permettent de tout faire, y compris de prendre les risques les plus inconsidérés, et elle ne s’en prive pas: «Je me donne complètement, je m’abandonne les yeux fermés, je deviens immatérielle. La sonorité est pour moi une sorte de méditation», confiait-elle à «24 heures» il y a trois ans. Surtout, l’interprète se positionne de manière très libre face à la partition: «La rigueur, le contrôle total, ce n’est pas du plaisir», suggère-t-elle. L’indomptable s’empare des œuvres qu’elle joue pour en faire… autre chose. Selon deux principes devenus un peu trop prévisibles: les mouvements lents s’étirent à l’infini; les rapides sont exécutés en coup de vent qui emporte tout, et déchaîne les passions. Qu’on lui pardonne: des si belles avec autant de décibels, il n’y en a guère!

Créé: 14.08.2019, 19h31

Gstaad, tente du festival
Vendredi 16 août (19h30)
Rens.: 033 748 81 82
www.gstaadmenuhinfestival.ch

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