Johnny Hallyday: poches percées et démêlés fiscaux

Johnny Hallyday s'est éteint à 74 ans. Les questions d'argent l'ont poursuivi toute sa vie. Amateur de voitures et de motos, il menait grand train.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Train de vie dispendieux, dettes et démêlés fiscaux: le rapport de Johnny Hallyday avec l'argent est jalonné de hauts et de bas.

Monument national décédé dans la nuit de mardi à mercredi, «Johnny» a été une figure régulière du classement annuel des chanteurs français les mieux payés (2e en 2016, avec 16 millions d'euros de revenus, selon le magazine Capital).

En 60 ans de carrière, l'ancien gamin sans le sou, né d'un père belge, a accumulé chiffres de ventes vertigineux (plus de 100 millions de disques) et tournées marathon. Il a aussi conclu de juteux contrats publicitaires et investi, avec plus ou moins de bonheur, dans diverses affaires (boîtes de nuit, vignobles, restaurant...). Sans compter les revenus tirés des produits dérivés.

Travailleur pauvre

Mais «contrairement à une idée répandue, Johnny est un travailleur pauvre , qui, malgré ses nombreuses années de carrière, n'a pas cumulé de patrimoine, car il a toujours eu un train de vie flamboyant. Il ne possède pas de capital, excepté son patrimoine immobilier», affirmaient les journalistes Catherine Rambert et Renaud Revel dans leur livre «Johnny, les 100 jours où tout a basculé» (2010).

Amateur de voitures et de motos de collection, menant grand train, Johnny voyageait au gré des saisons entre ses résidences de Gstaad (station huppée des Alpes suisses), Saint-Barthélémy dans les Antilles, Marnes-la-Coquette (ouest de Paris) et Los Angeles.

Une toile d'Andy Warhol

Il dépensait aussi sans compter pour ses proches et innombrables «potes» invités de ses virées aux quatre coins du monde. Un de ses amis a ainsi raconté avoir dû dissuader la star de lui offrir sur un coup de tête une toile d'Andy Warhol.

En 2004, son divorce douloureux avec sa maison de disques Universal avait jeté une lumière crue sur ce côté «panier percé».

Johnny avait alors accusé Universal d'avoir mis en place un «système» pour l'asservir en profitant de sa situation financière désastreuse et tenté - en vain - de recouvrer la propriété des bandes originales de ses chansons.

Couvert d'hypothèques

Les procès qu'il a intentés à sa maison de disques ont été l'occasion d'un grand déballage. On y a découvert un rockeur couvert d'hypothèques, faisant appel à son label pour payer ses factures, éponger ses dettes et assouvir ses caprices... comme ce prêt de 5 millions d'euros destiné à l'achat d'un yacht.

Au fil des années, Universal s'était porté garant auprès du fisc, avait racheté sa maison de Ramatuelle dans le sud de la France et un hôtel particulier dans le très huppé XVIe arrondissement de Paris. En contrepartie, Johnny avait régulièrement accepté des modifications de son contrat, lui avait cédé ses droits à l'image et ceux sur le merchandising.

Le fisc

Ses démêlés avec le fisc ont aussi abondamment défrayé la chronique, au point de devenir un sujet politique.

Dès 1975, l'administration fiscale l'a fait condamner à de la prison avec sursis et exigé le remboursement de cent millions de francs d'arriérés, ce qu'il n'a fini de faire que dans les années 1990.

Assujetti à l'ISF, impôt sur les Français les plus fortunés, il s'est régulièrement retrouvé au coeur de polémiques sur les exilés fiscaux. Comme en 2006, lorsqu'il a demandé la nationalité belge -- en souvenir de son père, disait-il --, avant d'y renoncer. Puis quand il a décidé de s'établir une partie de l'année en Suisse, expliquant en avoir «marre, comme beaucoup de Français, de payer ce qu'on nous impose comme impôts». A quelques mois d'une élection présidentielle, ses propos avaient déclenché une tempête politique.

Domicile fiscal à Gstaad

Johnny Hallyday a résidé dans le chalet qu'il avait acquis à Gstaad (BE). Il l'avait acheté en 2006 dans la station huppée de l'Oberland bernois. Il en avait fait son domicile fiscal - y passant six mois et un jour par an jusqu'à la fin 2012 - avant de s'établir à Los Angeles

Ces dernières années, il était devenu résident fiscal aux Etats-Unis, où ses plus jeunes filles étaient scolarisées.

«En France, la réussite, c'est louche, on trouve ça dégueulasse», déplorait-il en 2013 dans son autobiographie «Dans mes yeux». (afp, ats/nxp)

Créé: 06.12.2017, 12h26

Articles en relation

Johnny Hallyday a résidé en Suisse

Musique Le chanteur français, décédé dans la nuit de mardi à mercredi, a vécu durant plusieurs années dans l'Oberland bernois. Plus...

Johnny vivait à Genève à l'âge de 13 ans

Souvenirs Quand il s'appelait encore Jean-Philippe Smet, le futur chanteur avait suivi sa cousine danseuse au Bataclan. Plus...

Johnny Hallyday en quinze chansons

Musique Le chanteur français, décédé dans la nuit de mardi à mercredi, a marqué le monde de la chanson. Tour d'horizon non exhaustif. Plus...

Johnny, une star discrète qui dévorait la vie à LA

Musique S'il était une star dans le monde francophone, Johnny Hallyday se faisait discret à Los Angeles où il vivait une partie de l'année. Plus...

Johnny Hallyday, la french «rock'n'roll attitude»

Musique L'Elvis Presley français, qui a survécu à toutes les modes pendant plus d'un demi-siècle, a fait le bonheur des magazines people. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.