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Janet Jackson, le show sans la voix, l’événement sans l’extra

Vingt ans après son dernier passage en Suisse, l’autre «Queen of pop» avait rendez-vous au Montreux Jazz Festival dimanche.

Janet Jackson, dimanche 30 juin 2019 au Montreux Jazz Festival, sur la scène de l'Auditorium Stravinski.
Janet Jackson, dimanche 30 juin 2019 au Montreux Jazz Festival, sur la scène de l'Auditorium Stravinski.
Marc Ducrest

Janet Jackson au Montreux Jazz Festival, c’était comment? Pour la foule amassée dimanche dans l’Auditorium Stravinski – rempli aux deux tiers de sa capacité – la venue en Suisse d’une des dernières grandes figures de la pop américaine des années 90 avait valeur d’événement.

Michael et Prince ont trépassé. Reste les deux «Queens of pop», Madonna et Janet. De la cadette des Jackson, 53 ans, on veut célébrer son extraordinaire faconde de compositrice. Également ses visions pacifistes, antiracistes, contre l’homophobie, de parolière. De même que son histoire de sex symbol black anticonformiste. Vingt ans après son dernier passage en Suisse, à Zürich en 1998, Janet donnait un nouveau rendez-vous au public helvétique. De ce point de vue, l’affiche de Montreux appartenait aux propositions qui ne se refusent pas.

Harassant effet juke-box

En termes de performance, cependant, Janet Jackson a déçu. De chorégraphies fabuleuses, point tant. La troupe des danseurs, quoique physiquement très engagée dans la partie, restait par ailleurs le plus souvent à peine visible depuis la salle. Pour bénéficier de la vue au balcon, il aurait fallu payer bien plus que les 155 francs du tarif le moins onéreux. Du parterre, il fallait contempler les écrans pour y trouver un rendu spectaculaire. Las, ce que permet une caméra ne ressemble en rien à ce que l’on voit et entend in vivo sur la scène. Le décor? Les lumières avaient de la gueule, y compris les vidéos en toile de fond, telle cette capote rose explosant en un feu d’artifice d’amour… Mais rien d’extraordinaire.

La musique, alors. Constitué de gros bras capables de jouer la deep house, le funk, le R’n’B comme le hip-hop ou le rock sans même y penser, l’orchestre ne fait pas dans le détail. Pas de pause sensuelle, pas de ballade avec introduction merveilleuse. Juste du beat dansant. Et la voix de Janet à peu près inaudible, couverte par le son surpuissant du band. On l’apprend sur place: le concert va durer une heure et quinze minutes. Les musiciens devront par conséquent enquiller plus de 25 titres les uns derrière les autres. «Come On Get Up», «All Of You», «Together Again», tout y est, oui, mais dans un effet juke-box harassant. «Rhythm Nation», trente ans après sa sortie, clôt le concert, la clique entière, danseurs, musiciens et choristes, en ligne face à la salle.

Cinq secondes encore et Janet Jackson a fait son dernier salut, les doigts formant un cœur, déclarant: «Nous avons besoin de plus d’amour.» Aussi engageante soit-elle, la phrase, en aucun cas, n’aurait su dépasser le timing prévu.

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