«Il y avait quelque chose de christique dans ces shows»

TémoignageBassiste de Johnny sur scène entre 2011 et 2014, le Genevois Fred Jimenez évoque la vie sur la route avec l'idole.

Fred Jimenez a accompagné l'idole sur scène durant presque quatre ans.

Fred Jimenez a accompagné l'idole sur scène durant presque quatre ans. Image: DR

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Fred Jimenez, figure du rock genevois d’antan, notamment au sein de Needles, a accompagné Hallyday sur scène presque quatre ans, de 2011 à 2015. «Ça m’a fait un coup, comme si j’avais perdu un proche», réagit le musicien, désormais parisien. «C’était quelqu’un de très gentil et attentif, qui pesait ses mots, taiseux mais capable de dire des choses profondes, loin de son image publique. J’ai eu du bol: quand j’ai commencé à jouer avec lui, Johnny était très dispo, présent, impliqué. Il avait frôlé la mort et retrouvé l’envie de faire de la musique.»

La patate tous les soirs

Quand démarrent les répétitions de la tournée 2012 à Los Angeles, l’idole se rend ainsi au studio tous les jours. «Ses vieux musiciens en étaient tout étonnés car, par le passé, il envoyait souvent une doublure répéter à sa place. Artistiquement, il était cash: il savait exactement ce qu’il voulait.» Durant la longue tournée internationale qui suit, plus d’une centaine de concerts, le bassiste genevois est frappé par la pêche de la star. «Parfois, je m’inquiétais en lui trouvant l’air fatigué avant les concerts. Mais il retrouvait la patate tous les soirs. Il était galvanisé par la scène, dopé au public.»

Le vinyle de Little Richard

Il faut dire qu’un lien quasi mystique unit Johnny à son public. «Dans le répertoire, le mot amour revenait sans cesse. J’avais parfois la sensation d’être dans un groupe de rock chrétien. Les gens venaient le voir pour se faire du bien. Lui souffrait sur scène pour eux. Il y avait quelque chose de christique dans ces shows; ce qui l’embarrassait sans doute. Il n’était pas cynique; il avait d’ailleurs un trac terrible avant de monter sur scène.»

Grand amateur de rock sixties, Fred Jimenez se retrouve aussi aux côtés d’un acteur et témoin privilégié de l’âge d’or. «Il a tout traversé avec une conscience aiguë de ce qui se tramait. Il avait refusé les Beatles comme backing band, tout en flairant leur talent. Il était de ceux qui avaient découvert Hendrix. Surtout, il n’était absolument pas blasé et restait profondément attaché au rock’n’roll des origines. Un soir, nous étions invités à une garden-party chez lui à Los Angeles. Je suis arrivé avec un vinyle de Little Richards, dont il était grand fan. Coup de chance incroyable: il ne l’avait pas dans sa discothèque.»

Créé: 06.12.2017, 15h20

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