Greg Dulli, le retour du chéri de ses drames

MusiqueLa plus belle âme du grunge, et pourquoi pas la plus belle voix, ose un solo entre lueur de chandelles et flammes d’incendies.

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La plus belle âme du grunge, et pourquoi pas la plus belle voix, ose un solo entre lueur de chandelles et flammes d’incendies

Longtemps, Greg Dulli a ricané face au relatif manque de succès de sa formation, The Afghan Whigs, signature Sub Pop à l’heure où la maison de disques de Seattle régnait sur le grunge. «Les mecs nous détestaient parce qu’on était le seul groupe du label à avoir du succès auprès de leurs copines, qui les traînaient à nos concerts.» Et ce n’était en rien une seule question d’hygiène capillaire.

Dandy, Dulli l’a toujours été. Cultes déjà à l’époque, ses Afghan apportaient dès leur création en 1986 une sophistication heureuse au cœur du tumulte, une pose élégante qui n’empêchait en rien des chansons solides, furieuses et belles. Dans le chaudron bouillant des guitares grunge, il cuisinait de la soul, du r&b de La Nouvelle-Orléans, des épices louches pour recettes vaudoues. Et Dulli, avec plus de cheveux et bien moins de kilos qu’aujourd’hui, couvrait le tout de sa voix haute, fragile, aux antipodes de la virtuosité expansive d’un Chris Cornell de Soundgarden - mais qui frappait pareillement le cœur et les tripes.

Cette voix existe encore. À 55 ans, revenu de beaucoup de dope, de pas mal de décès (dont le guitariste des Afghan Whigs en 2017) et de nombreux chagrins d’amour, le romantique américain signe sous son nom propre un «Random Desire» d’une beauté brûlante, fouillant dans les lacis de guitares, de cordes et de clavier les vastes déroulés cinématographiques vers lesquels sa musique a toujours tendu, envisageant chaque chanson comme autant de tableaux à l’expressionnisme envoûtant. En ce sens, l’exercice du solo tranche peu avec les réalisations du groupe, dont Dulli a toujours été le leader et principal compositeur. Mais chaque morceau trouve un surplus d’émotion dans les brèches intimes que le musicien met à nu. «Marry Me», complainte (ou comptine) du regret adressée à celle qu’il n’a pas épousée, en est un sommet sidérant. De tristesse ou de beauté, on l’ignore - les deux réunis, sans doute.

Créé: 26.02.2020, 10h41

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