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Le Grand Théâtre atomise ses traditions

Avec «Einstein on the Beach», pièce de Philip Glass et Bob Wilson, la maison lyrique place son ouverture de saison hors des sentiers battus. Un défi enivrant et accessible.

Scènes de répétitions de l’œuvre, avec les musiciens de la Haute Ecole de musique de Genève dirigés par le chef zurichois Titus Engel.
Scènes de répétitions de l’œuvre, avec les musiciens de la Haute Ecole de musique de Genève dirigés par le chef zurichois Titus Engel.
LUCIEN FORTUNATI

En franchissant le seuil du Grand Théâtre et en prenant place dans la salle, il faudra se défaire d’une poignée de traditions et de codes qui régissent les lieux et qui marquent depuis des siècles l’art lyrique. Avec «Einstein on the Beach», on chamboule tout, dans une déconstruction qui prendra forme dès mercredi prochain, lors la première représentation. Inutile par exemple de s’attendre à une «Ouverture», pièce quasi obligée qui prend par la main le mélomane pour l’introduire avec douceur dans l’œuvre. Il faudra aussi abandonner l’idée qu’on se fait d’une narration structurée, avec son prologue, son développement et sa conclusion. La pièce en question ne repose sur aucun livret et n’aligne que des énumérations obsessionnelles, des syllabes et des phrases au sens pas tout à fait accompli. Enfin, pas la peine non plus d’attendre l’entracte pour se dégourdir les jambes, étancher sa soif ou rejoindre les lieux d’aisances: le spectateur pourra quitter son siège autant de fois qu’il le voudra sans que cela soit perçu comme un geste blasphématoire.

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