Gorillaz au poil

CritiqueD'abord brouillonne, la troupe de Damon Albarn s'est stabilisée jeudi dans un maelström de groove matois et contagieux.

Gorillaz s'est produit sur la Grande Scène de Paléo jeudi soir.

Gorillaz s'est produit sur la Grande Scène de Paléo jeudi soir. Image: MAGALI GIRARDIN

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On a cru au pire, mais essayez de calmer un gorille qui déboule. Jeudi soir, Paléo ne savait pas vraiment à quoi s'attendre avec la troupe de Damon Albarn, aristocrate pop né de Blur et réinventé en petite frappe de Gorillaz via son double 2-D. «Les mecs qui ont deux groupes, c'est louche», philosophe un quidam à casquette. Pas faux. Mais le premier morceau balancé démontre que l'Asse bénéficiera de la pleine et entière attention du chanteur, qui l'attaque bille en tête sur un grondement de grosse caisse physiquement déraisonnable. Le syndrome, à nouveau, de la grosse artillerie pour grande scène écrasant tout relief dans ses basses?

Autre coup de stress: Paléo rendra-t-il à Albarn son attention? Le vocaliste à pull jaune saute aussi haut qu'un canari et, tandis que le son se stabilise, tente de frotter le public au poil de son Gorillaz. Mais si le gang anglais s'est imposé comme un nom durable dans la pop de ces vingt dernières années, la foule paraît peu concernée par l'énergie de la dizaine de musiciens, dont deux batteurs et un choeur black. En six albums livrés par intermittence, le collectif virtuel qui cache ses membres derrière les animations manga-cartoonesques de Jamie Hewlett (père de «Tank Girl») s'est surtout fait remarquer par une grosse poignée de singles hyper efficaces. Avant que n'interviennent les premiers («Tomorrow comes today», «On Melancholy Hill»), le concert avance sur le terrain mou de l'indolence «albarnienne»...

Et puis, les choses prennent de l'ampleur et de la diversité, rendant justice au caractère ludique et multiforme de cette musique citant rock, funk, electronica, rap, reggae. Les premiers invités chauffent l'Asse comme sur un «open mic» royal, avec des épées du nom de De La Soul, Peven Everett ou Jamie Principle, lequel gonfle de son phrasé le dernier tube en date, «Hollywood», avec Snoop Dogg pour les backing enregistrés sur grand écran. Gorillaz croise réel et virtuel, jouant sur le mélange entre ses personnages imaginaires et ses musiciens sur scène, live et bandes enregistrées.

Le groove matois conquiert le noyau dur de la foule, et les abords se laissent aller à une curiosité de bon aloi devant un spectacle techniquement impressionnant (la basse de Seye Adelekan!) et un décorum de décontraction fun. Le son rend accessible tous les reliefs des chansons et les hits des premiers albums («Feel Good Inc», «Dirty Harry») respirent sous la lune. Un rappel bienvenue, un ultime déhanché sur «Clint Eastwood» et King Kong rejoint sa cage après avoir secoué l'Asse sans l'abîmer.

Créé: 20.07.2018, 12h46

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