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Le GECA touche aux limites de l’extension du domaine musical

L'orchestre et la comédienne Sophie Marceau ont cheminé dans un terrain contemporain sans reliefs.

La comédienne Sophie Marceau était l'invitée du GECA au BFM.
La comédienne Sophie Marceau était l'invitée du GECA au BFM.
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La signature du Geneva Camerata, GECA pour les intimes? Elle pourrait tenir en un graphème succinct. Ou mieux, dans le point de jonction de deux plaques musicales que rien ne devrait rapprocher en principe. C’est là, dans cette portion artistique, que se niche l’essentiel d’un projet que l’orchestre défend depuis sa création, en 2013. Regardons de plus près. Jeudi soir, alors que le deuxième concert «prestige» de la saison s’acheminait vers sa dernière partie au Bâtiment des Forces Motrices, on a assisté, médusé, à l’évaporation des mesures baroques de Rameau - des suites des «Indes galantes» - et à l’émergence d’un trait d’union instrumental qui a mené le public du XVIIIe siècle français au XXe siècle résolument jazz et pop. Sans jamais couper au flux des notes, en une dizaine de secondes à peine, on a ainsi parcouru un espace-temps considérable. Et soudainement, la silhouette et la voix de Cyrille Aimée se sont emparées de la scène, en faisant surgir d’autres figures, par le biais de reprises de Michael Jackson et Stevie Wonder, notamment.

Magie du crossover, donc, passée aussi par une «Première symphonie» de Beethoven. Un art que le chef d’orchestre et pianiste David Greilsammer et ses protégés maîtrisent avec un sens plutôt bluffant de la mise en scène. Ou du packaging, si on préfère, qui compte presque autant que la nature du contenu chez le GECA. Ainsi, avant de tourner le dos à la salle pour s’adresser à ses pupitres, le chef s’est présenté micro à la main pour expliquer longuement, d’une voix tenue et concernée, combien tout ce qui suivrait allait relever du fait exceptionnel. Combien les orientations artistiques adoptées s’inscriraient dans une sorte de noble mission – la nécessité de faire dans la création contemporaine, par exemple. Autant de considérations qu’il aurait été bien évidemment plus judicieux de laisser mûrir librement, sans effet de persuasion ni narcissisme déplacé, dans les esprits des spectateurs.

À propos de création, celle de l’œuvre «Stabat Mater Furiosa» de la jeune Violeta Cruz cristallisait toutes les attentions. Non pas que les mélomanes genevois fassent soudainement preuve d’une appétence incontrôlée pour ce genre de répertoire. Non. Plutôt parce que le texte de l’œuvre – un poème du même titre signé par Jean-Pierre Siméon – était dit par Sophie Marceau. Et comme pour la venue d’Isabelle Adjani en 2018, la présence de cette star aura suffi pour faire salle comble et pour susciter une ovation envers une pièce somme toute sans grand relief. Constat qu’on applique tout d’abord à ses traits musicaux, Violeta Cruz s’étant contentée d’offrir la plupart du temps un accompagnement décoratif à travers des nappes dissonantes et par endroits discrètement bruitistes. Ce discours illustratif et à aucun moment autoporteur a laissé derrière lui un puissant sentiment de vacuité. Quant aux traits littéraires de ce «Stabat», quoi qu’en ait dit le chef d’orchestre, pour qui on tenait là un poème poignant dès les premiers vers, une écoute attentive de ses envolées révoltées contre la guerre a permis d’en relever sa nature ampoulée et tout à fait convenue.

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