Funèbres beautés chorales

CritiqueLundi, Les Athénéennes servaient Bach et Feldman tout en finesse et beauté avec Les Argonautes. Avant une deuxième partie de soirée sans grand intérêt.

Jonas Descotte, contre-ténor, fondateur et directeur de l’ensemble Les Argonautes, en concert lundi 10 juin au temple de la Madeleine pour Les Athénéennes.

Jonas Descotte, contre-ténor, fondateur et directeur de l’ensemble Les Argonautes, en concert lundi 10 juin au temple de la Madeleine pour Les Athénéennes. Image: Laurent Guiraud

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«Komm, Jesu, komm», «Fürchte dich nicht». Qu’elles sont belles, ces voix de Bach en double chœur, qu’ils sont beaux, ces motets pour accompagner la mort. Aux Athénéennes, l’œuvre du XVIIIe siècle encadrait lundi une autre élégie, du XXe, «The Rothko Chapel» de Morton Feldman. Dans Feldman, Luping Dong dirige, notamment l’altiste Isabel Villanuev. Tandis que l’ensemble genevois Les Argonautes vocalise.

De cette première partie de soirée, on retient ceci. Ces extraordinaires polyphonies baroques rendues avec délicatesse et précision. Le Feldman susurré ensuite, tel un linceul de feutre prêt à rompre. De même que l’écoute attentive d’un public recueilli par le temple de la Madeleine. La musique, enfin, s’accompagne dans sa marge de cette cordialité très genevoise, teintée de l’humour des programmateurs, jamais avares d’un bon mot. C’est dans ce goût subtil, et ses manières sans ronds de jambe, que le festival trouve sa pertinence, quand bien même la manifestation ne se refuse pas l’opportunité d’un bon coup d’éclat. À moins que Gérard Depardieu ne devienne l’invité ad vitam æternam des Athénéennes?

Il y eut encore une deuxième partie de soirée, guère convaincante cependant. En première mondiale, on écoute «Scherzophrénie en Ut, op. 85» du Lausannois Richard Dubugnon. Le compositeur est un cabotin: «Je vous rassure, ça ne dure que dix minutes.» Il a bien fait. Le Geneva Brass Quintet a beau appartenir à la fine fleur des virtuoses, la pièce se résume à un charivari clinquant. Vite oublié. On espérait plus de Yannick Delez. Sa «Composition pour piano et cordes» hélas annulée, le pianiste joue le jazz en solo, rejoint par un saxophoniste. Si bien pesé, expressif et coloré. Mais si conventionnel au final. Après ce grand moment de Bach et Feldman, l’éclectisme de la deuxième partie prend des allures de petits fours… (TDG)

Créé: 11.06.2019, 19h53

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