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Festival Archipel, musique au pas

Le rendez-vous des musiques d’aujourd’hui ouvre ses portes avec deux installations intrigantes d’Arno Fabre

«Les Souliers», une installation d’Arno Fabre présentée au Musée d’art et d’histoire de Genève. Elle sera visible, avec «Astragale Zénon l’arpenteur», durant toute la durée du festival.
«Les Souliers», une installation d’Arno Fabre présentée au Musée d’art et d’histoire de Genève. Elle sera visible, avec «Astragale Zénon l’arpenteur», durant toute la durée du festival.
ARNO FABRE

C’est un petit tumulte coordonné. Une scansion martelée par des leviers en bois et des mécaniques fines cachées au cœur de boîtes métalliques. Tantôt feutré, tantôt plus marqué, ce son si profondément inscrit dans notre quotidien doit tout à un petit peuple de couvre-pieds restés sans maîtres, à un alignement de bottes et de bottines, de baskets et de savates. Toutes ont appartenu un jour à des marcheurs et toutes ont été méticuleusement choisies, en tenant compte de leur ligne esthétique et de leurs qualités acoustiques. Dans le vaste territoire des musiques d’aujourd’hui que donne à voir et à écouter le festival Archipel, on trouvera cela aussi, dès le 15 mars, et durant toute la durée de la manifestation: une installation ( Les Souliers) conçue par le Français Arno Fabre et présentée entre les murs du Musée d’art et d’histoire (MAH).

Un orchestre de souliers

L’œuvre, dont on dira qu’elle dilate l’horizon musical défendu par la manifestation genevoise, intrigue et interpelle. Son origine? Elle raconte une partie des interrogations du concepteur: «Un jour, en faisant la sieste les fenêtres ouvertes, j’entendais les pas des passants, nous raconte par téléphone Arno Fabre. Ce bruit du monde a tout de suite généré en moi des questions et des considérations sur les passants. Étaient-ils pressés? En colère? Alignaient-ils des pas dissymétriques? Avec ces interrogations, j’ai imaginé alors un orchestre de souliers qui allait reproduire la marche du monde. Une marche qui, il faut le dire, est assez terrifiante.»

Les Souliersa beaucoup et bien voyagé en France et en Europe. Elle constitue une petite pièce d’un continent artistique foisonnant chez Arno Fabre. Lorsqu’on cherche des informations sur cet artiste gourmand, qui a grandi dans le Limousin, on tombe sur cette définition, lapidaire et évidente, glissée dans son site Internet: «J’aime faire, chercher et inventer.» Aspirations déployées dans des domaines aussi disparates que la photographie et l’architecture en terre (une formation spécialisée à Grenoble), la danse contemporaine et la taille de la pierre. «J’ai goûté à beaucoup de choses en effet, mais sans boulimie. Mon parcours, je ne le considère pas comme une suite de rupture mais plutôt comme une succession de rebonds qui m’ont permis d’ajouter des cordes à mon arc.» A Genève, ce vaste domaine se laissera apercevoir aussi à travers une autre pièce, présentée elle aussi au MAH: Astragale Zénon l’arpenteur.

Des voix à calmer

Ici, des robots sillonneront l’espace en suivant des trajectoires rectilignes ou sinueuses. Et de chacun se propagera une voix, un enregistrement. L’ensemble donne lieu à une cacophonie, certes, mais le détail permet au visiteur de s’accrocher à un propos logique. Telle cette liste de nom d’oiseaux égrainée en latin. «Cela nous renvoie à l’espace mental, qui est peuplé par des voix qu’on essaie parfois de calmer et de comprendre.»

Festival Archipel, du 15 au 25 mars. Rens. www.archipel.org «Les Souliers» et «Astragale Zénon l’arpenteur», d’Arno Fabre, visibles au Musée d’art et d’histoire, du 15 au 25 mars.

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