Le long tour de Haydn fait escale chez Mozart

ClassiqueL'ensemble Gli Angeli poursuit son intégrale des symphonies du premier et place un interlude pianistique du second

La pianofortiste française Maude Gratton, invitée par Gli Angeli.

La pianofortiste française Maude Gratton, invitée par Gli Angeli. Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Sur le vaste domaine du classique, tout comme dans d’autres terrains, on croise une variété insoupçonnée de coureurs: il y a tout d’abord ceux qui ne jurent que par l’adrénaline que procure un sprint sec et explosif; on trouve aussi les amoureux du demi-fond et du fond. Et puis, fait bien plus rare, il arrive de côtoyer de vrais marathoniens, dont les projets artistiques se déploient avec une scansion régulière et dans une longue durée quasi braudelienne. L’Ensemble genevois Gli Angeli est de ceux-là, lui qui, depuis 2005 – année de sa création – distille chaque saison, sous la direction de Stephan MacLeod, les pièces détachées d’une intégrale imposante: celle des «Cantates» de Johann Sebastian Bach.

Alors qu’il a largement dépassé la moitié de l’ouvrage, le chantier est doublé depuis deux ans par une autre pérégrination musicale de taille, qui touche toutes les symphonies de Haydn. Et lorsqu’on sait que, selon la numérotation établie par Anthony van Hoboken, le catalogue compte 104 pièces – il faut encore y ajouter quelques bricoles –, on comprend sans peine que l’affaire ne sera pas réglée en une poignée de semestres. Les suites du projet sont attendues ce jeudi au Studio Ernest-Ansermet.

Au programme de la soirée? Des pièces qui, comme pour tous les rendez-vous précédents, ne s’enchaînent pas en suivant un fil chronologique mais qui font plutôt appel à un même appareillage instrumental. Ainsi, on savourera tout d’abord la «Symphonie No17», partie intégrante d’un corpus écrit à l’époque où le compositeur évoluait pour l’aile du comte Morzin. À celle-ci fait écho la bien plus tardive «Symphonie No88», composée en 1787, soit vingt-six ans après. Ici, on touchera aux suites de la parenthèse parisiennes – les fameuses six symphonies qui s’y rattachent –, dans une sorte d’interlude qui précède le départ de Haydn pour Londres.

Un invité régulier de Gli Angeli refera enfin surface durant le concert: Mozart, avec le «Concerto pour piano No20». Pièce parmi les plus populaires et les plus jouées, elle porte en elle des profondeurs dramatiques rarement atteintes jusque-là par le génie de Salzbourg, sinon peut-être dans le domaine lyrique, avec le «Don Giovanni». Pour retrouver toute la grandeur de l’ouvrage, on sera guidé au pianoforte par la Française Maude Gratton. Une musicienne complète – clavecin et orgue sont ses autres terrains de jeu –, aussi à l’aise dans le rôle de continuiste au sein de Collegium Vocale Gent du chef Philippe Herreweghe que dans des projets chambristes.

Gli Angeli, en concert avec Maude Gratton (pianoforte) et Stephan MacLeod (dir.) au Studio Ernest-Ansermet, je 5 déc. à 20h. Rens. www.gliangeligeneve.ch

Créé: 03.12.2019, 17h50

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

La Grande-Bretagne plébiscite le Brexit de Johnson
Plus...