Hell's Kitchen, dans l'enfer de l'Usine

MusiqueHell's Kitchen, la "cuisine de l'enfer", jouait son blues rustique samedi dans le temple genevois du rock.

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Un coup de plectre bien aiguillé , un accord qui explose sous les spots brûlants, et la jambe levée droite, le talon jeté en avant vers la foule: le chanteur des Hell's Kitchen hurle son cri de ralliement, "Yeah!", et le public de l'Usine, venu en masse samedi écouter les héros du blues local, de lever sa bière vers le ciel.

"Yeah" donc, que cette soirée organisée par l'association PTR, laquelle a fait là un joli carton en invitant le label genevois Moi J'connais. On connaît les bonshommes: deux des musiciens du groupes Mama Rosin sont à l'origine de cette nouvelle enseigne très inspirée en matière de découvertes en tous genres. Ceux-là aiment le son qui défriche. Et le prouve, notamment en fin de soirée lorsque le mélodéoniste des Mama Rosin Cyril Yeterian passe derrière les platines, enchaînant boogaloo et cha cha cha premiers choix. Un must dans son genre.

Côté concert, c'est autre chose: dévolu avant tout au vernissage du nouvel album des Hell's Kitchen, ce samedi soir faisait donc la part belle au trio genevois. Qui a tenu la baraque d'un bout à l'autre de sa prestation, jouant des muscles bien huilé pour un blues étonnamment académique en début de concert, avant de balancer, enfin, ses riffs drus et lourds propres aux vieux titres du groupe, les meilleurs pour la scène à n'en pas douter.

En première partie de soirée, les Mama Rosin eux-mêmes ouvraient le bal. Pas tant de cajun rock cette fois-ci, mais une manière plus pop, plus soul, plus banale aussi: ces trois-là, et c'est épatant, n'ont visiblement rien à faire du qu'en dira-t-on. Tant mieux pour l'exploration. Tant pis si cette fois-là l'idée n'était, et de loin, pas la bonne. Enfin, le label des rockers qui connaissent le mot "garage" a terminé son tour de piste avec un groupe dont on pensait beaucoup de bien au départ, les sémillants Adieu Gary Cooper, originaires de la région eux aussi. On se souvient d'un sympathique concert à La Centrale, à Meyrin: en voilà qui savaient jouer aussi bien du second degrés que du rock, en y ajoutant un grain de folie captivant, tout en se distinguant par un style vocal proche de Dutronc comme de Bashung, époque "Vertige de l'amour". Mais pour le coup, l'ensemble sonne affreusement mal, voix, basse et batterie se perdant dans un maelström sans queue ni tête, dont on appréciera le semblant d'énergie tout de même dans le final seulement, lorsque tous les groupes de la soirée se sont retrouvés sur scène pour un dernier titre bien envoyé. Bonnarde soirée, comme qui dirait. Mais un poil anecdotique...

Créé: 12.10.2014, 21h52

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