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L’écho sans fin de la balalaïka

Jeudi à l'Alhambra, le virtuose Alexey Arkhipovskiy a déployé ses arpèges et gammes ultrarapides perclus de réverbération.

Alexey Arkhipovskiy, joueur russe de balalaïka.
Alexey Arkhipovskiy, joueur russe de balalaïka.
DR

Des musiciens russes à Genève? Il y en a pléthore à l’Alhambra, depuis la réouverture de la salle en septembre dernier. Et pour tous les goûts, du songwriter militant au trio de piano kitsch. Ainsi que ce phénomène de la balalaïka, Alexey Arkhipovskiy, virtuose accompli, monstre de vitesse, et de délicatesse aussi, capable de jouer tout, du riff rock façon Smoke ont The Water au morceau de bravoure de Paganini, de la pop new age au jingle de Nokia. Une curiosité dont les plateaux télé européens ont fait leur phénomène «exotique». Bête de foire? Il y a de cela parfois, lorsque résonnent, amplifiées avec une dose copieuse, excessive à force, de réverbération, de «delay», les notes métalliques du tout petit luth triangulaire à trois cordes. Seulement trois cordes, mais un foin d’enfer, accompagné d’une gestuelle théâtrale, visage grimaçant, les yeux fermés. Volontiers clown lorsqu’il fait saluer son instrument comme un compagnon de scène bien vivant, Alexey Arkhipovskiy a quelque chose de touchant cependant. Son naturel, probablement, être qu’on imagine brut, naïf, tout entier porté par son art. Sa musique est-elle trop répétitive, à tourner ainsi dans des gammes mineures à faire pleurer les pierres? Trop démonstrative lorsqu’elle aligne mille trémolos époustouflants? On voudrait de la sobriété pour reprendre son souffle. N’empêche, au sortir du concert jeudi, la petite mélodie de la balalaïka, cette nostalgie pétrie d’échos, résonnait encore en mémoire.

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