Un document secret agite les eaux de l’OSR

ClassiqueUn contrat irrégulier, rédigé par l’ancien directeur général Henk Swinnen à l’attention du chef Jonathan Nott, met en émoi les dirigeants de l’institution musicale.

L’OSR doit confirmer avec un nouveau contrat la venue à sa tête du chef britannique Jonathan Nott.

L’OSR doit confirmer avec un nouveau contrat la venue à sa tête du chef britannique Jonathan Nott. Image: LAURENT GUIRA

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Que s’est-il donc passé pour que l’Orchestre de la Suisse romande (OSR) se sépare brutalement, le 2 février passé, de son directeur général Henk Swinnen? Plus de trois semaines après cette décision retentissante, le conseil de fondation de l’OSR a décidé de rendre publics les détails d’un divorce qui a surpris mélomanes et observateurs. Selon ce communiqué – qui n’attribue pas clairement un lien de causalité direct entre les faits qu’il mentionne et le départ du directeur général – un document secret, rédigé par Henk Swinnen, est à la base d’un grave différent. Et il aurait, selon toute logique, provoqué la séparation entre les deux parties.

Rédigée le 20 octobre dernier, cette pièce n’a été découverte qu’en janvier 2016 par le conseil de fondation. Son contenu porte sur un aspect vital pour l’avenir de l’orchestre, soit l’engagement du nouveau directeur musical et artistique en la personne du Britannique Jonathan Nott, chef d’orchestre présenté officiellement à la presse le 28 janvier 2015. Signé par celui-ci et par Henk Swinnen, le document en question a les allures d’un contrat mais il présente des irrégularités qui, une fois découvertes, ont mis en émoi les organes supérieurs de l’OSR. De quoi est-il question précisément? Présidente du conseil de fondation, Florence Notter en explique la nature par téléphone: «Cet accord comporte des clauses qui ne correspondent pas aux lignes que s’était fixées l’OSR. Notamment, aucun d’entre nous, membres du conseil ou du bureau, n’avait jamais évoqué ou suggéré un poste d’assistant chef: les musiciens n’auraient pas apprécié.»

Serions-nous, dès lors, face à une tentative de passage en force de Henk Swinnen, qui aurait donc décidé de mettre devant le fait accompli ses supérieurs? Aurait-il fait des concessions sans l’aval préalable de ses collaborateurs? L’intéressé demeurant inatteignable, ce point reste en suspens. En attendant, l’OSR a décidé de faire appel aux conseils de Me Gabriel Aubert, spécialiste en droit du travail. Contacté lui aussi par téléphone, l’avocat confirme que «le document a été rédigé et signé de manière unilatérale par Henk Swinnen. Dans les mois qui ont suivi, la finalisation du contrat – attendue de tous, tant du côté de l’OSR que de Jonathan Nott – a connu un grand retard, et cela suite à des soucis de santé qui ont frappé Henk Swinnen.»

Un directeur «ad interim»

Florence Notter et, avec elle, la vice-présidente du conseil de fondation, Sylvie Buhagiar, travaille d’arrache-pied pour conclure un nouveau contrat, conforme aux besoins de l’orchestre. Une première rencontre a d’ores et déjà eu lieu à Londres avec Jonathan Nott. «Les rapports avec lui n’ont jamais été rompus, souligne Florence Notter. Nous gardons un contact permanent et je suis certaine que nous parviendrons à conclure un nouvel accord.»

Dans les mois à venir, un autre chantier devra être mené à bien par les dirigeants de l’orchestre: celui de la nomination du successeur de Henk Swinnen. Le processus de sélection débutera dès le mois de mars, lorsque tous les dossiers de candidature auront été déposés. D’ici là, la fonction de directeur général sera assurée par intérim par Jean-Pierre Rousseau, dont la nomination a été annoncée ce vendredi. Ancien de l’OSR, où il a été chargé de la production entre 1986 et 1993, il s’est distingué au sein de la Salle Philharmonique et de l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège, qu’il a dirigé de 1999 à 2014. Fin connaisseur du paysage de la musique classique, Jean-Pierre Rousseau dirige actuellement une grande manifestation en France: le Festival de Radio France de Montpellier. Son retour à Genève, où il finalisera et présentera la saison 2016-17, est un gage de qualité pour une formation, l’OSR, qui doit retrouver sa sérénité. (TDG)

Créé: 26.02.2016, 21h11

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