Découvrez l'hymne des JOJ 2020

JO de la jeunesse«Start Now», la chanson officielle des Jeux de la jeunesse de Lausanne sort ce mardi. Récit de la fabrication de la bande-son d’un événement, du concours à l’enregistrement du clip.


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«Trois, deux, un...» Le refrain de l’hymne officiel des Jeux olympiques de la jeunesse 2020 se chante et se danse – oui oui, il existe une chorégraphie simplissime à apprendre par cœur comme dans les clubs de vacances – sous forme de compte à rebours. Dans un mois et six jours, «Start Now» retentira en boucle un peu partout, du Vortex, où logent les athlètes, aux lieux de compétition, où il réchauffera les spectateurs. Son challenge? Motiver sans lasser, s’inscrire dans les mémoires sans saouler, et ce du 9 au 22 janvier et même au-delà.... Une exigence de plus pour un morceau qui doit illustrer à lui tout seul des concepts aussi divers que la «suissitude», la jeunesse, Lausanne, les sports d’hiver ou encore les nombreuses valeurs olympiques. Rien que ça! Un peu comme si on demandait à un seul et même athlète de remporter l’or dans toutes les disciplines inscrites au programme de ces JOJ 2020!

Comme pour l’Eurovision, c’est sous forme de concours que l’hymne est né. Un processus lancé en décembre 2018 en collaboration avec la Haute École de Musique Vaud Valais Fribourg (HEMU). Au mois de mars, un jury composé d’experts de la HEMU, du Comité international olympique (CIO), d’une jeune bénévole et d’un membre du Conseil de la jeunesse de Lausanne 2020, ainsi que d’autres personnes du comité d’organisation, a présélectionné trois chansons parmi la dizaine de maquettes reçues. Et c’est finalement le 17 avril que la chanson de Gaspard Colin, un ancien de la HEMU qui a terminé son master de composition en 2016, a remporté la première «médaille» de ces JOJ.

Comment aborder un cahier des charges aussi complexe? J’ai commencé par regarder un max de clips de pop américaine, pour essayer de comprendre les codes de cette musique grand public. Le concours s’est déroulé sur deux mois et j’ai consacré le premier à analyser les tubes de Sia, Beyoncé ou Justin Timberlake pour structurer mon morceau.

Vous avez donc commencé par une musique de base avant d’y intégrer les petites touches suisses... Exactement. Le cor des Alpes et les quatre langues nationales étaient une promesse notée dans le dossier que j’ai présenté avec une maquette entièrement en anglais lors de la première étape du concours. Pour les textes, je m’étais fait aider par une amie qui fait du slam et qui est donc une super parolière. Et c’est seulement dans un second temps qu’on a commencé à travailler en équipe. Je pense qu’au final environ 25 personnes ont collaboré à «Start Now». Avec, de manière plus visible, les quatre chanteuses et chanteurs.

Je voulais de vrais ambassadeurs de chaque région. Il y a donc deux alumni de la HEMU, Joanne Gaillard pour le couplet en français et Davide De Vita pour l’italien. On a trouvé Romaine Müller, une des chanteuses du groupe Wintershome de Zermatt, pour la partie alémanique, et finalement on a collaboré avec Ivo Orlik, son pseudo est Giganto, qui est un rappeur romanche. Son couplet en rap, il a eu la liberté de l’écrire à 100%. Et comme Lausanne 2020 a fait un gros travail de collaboration avec les différentes écoles lausannoises, j’ai aussi intégré un quintette à cordes de la HEMU.

Vous arrivez à raconter «Start Now» avec des mots? C’est jamais évident d’expliquer la musique avec des paroles! (Rires.) La couleur suisse est donnée par une intro au cor des Alpes, la structure vient des quatre couplets où on visite la Suisse grâce aux différentes langues et le refrain en anglais sera, je l’espère, repris en chœur par les sportifs et le public. Le couplet de rap romanche est mélangé à des influences de rap très actuelles, la partie suisse-allemande est accompagnée par l’orchestre à cordes. D’un point de vue purement musical, on est dans une atmosphère electropop très dansante.

Et que disent les paroles? Nous avons tourné autour des valeurs du sport avec une vision positive, tout en essayant de ne pas tomber dans la niaiserie. C’est toujours ardu de devoir écrire sur un thème imposé qui faisait partie de la commande d’origine. Bon, en même temps, quand on traduit des tubes, on se rend souvent compte que les paroles ne sont pas toujours qualitatives… C’est même le cas avec certains morceaux des Beatles! En anglais, la musique est tellement sympa que ça fait que ça passe... Il a donc fallu faire très attention à ça au moment de décliner les nôtres en plusieurs langues.

Quel est votre rapport au sport, vous le musicien? J’aime beaucoup! Heureusement! Je pratiquais assez intensément le badminton, mais une blessure à un ménisque a décidé de m’éloigner du monde du sport. Je ne peux plus skier, par exemple. Alors je trouve assez symbolique de faire la chanson officielle de Jeux d’hiver, qui regroupent des sports auxquels j’ai malheureusement dû renoncer.

Vous avez étudié la musique à l’image. Avez-vous imaginé comment illustrer cet hymne? J’avais à la base rencontré un équipe de réalisateurs et on avait monté un beau projet qui n’a malheureusement pas pu voir le jour. On avait imaginé un clip qui parlait du sport, mais sans être promotionnel. Il mettait en scène la vie d’un athlète jusqu’à ses 18 ans, puisqu’il s’agit des Jeux de la jeunesse, avec plusieurs effets vidéo, comme la trace d’un patin dans la glace qui se transforme en piste de bobsleigh. On avait travaillé sur un chouette scénario et j’avais des images plein la tête pour accompagner cette musique. Mais les aléas de l’organisation ont fait que nous n’avons pas eu le temps de le faire.

Le clip officiel est donc un film de l’enregistrement, mais ce sont finalement les vraies images de ces JOJ 2020 qui illustreront «Start Now»... Effectivement. On va essayer d’utiliser des images des compétitions pour les monter sur le morceau et lui donner ainsi une nouvelle actualité à mesure que la manifestation avance. Je dois dire que je commence à être vraiment impatient!

Créé: 03.12.2019, 08h37

Multiples collaborations avec l'HEMU

«Le cœur des JOJ battra juste devant chez nous, c’était donc logique qu’on se saisisse de cette merveilleuse opportunité de collaborer!» Le directeur de la Haute École de Musique Vaud Valais Fribourg (HEMU), Mathieu Fleury, ne cache pas son enthousiasme au moment d’énumérer les nombreux points communs entre les élèves de l’école située au Flon et les jeunes néo-olympiens.

«Nous, les professionnels des hautes écoles, croyons aux valeurs de ces Jeux de la jeunesse, comme l’excellence, le partage et l’innovation. Un des messages véhiculés par Lausanne 2020 est «par les jeunes pour les jeunes» et c’est aussi valable pour le festival qui va se dérouler en marge des compétitions.»

Au-delà du concours de composition de l’hymne «Start Now», où le travail préparatoire des jeunes professionnels de la musique est mis en parallèle avec celui des jeunes athlètes, la HEMU s’est aussi chargée de composer et d’enregistrer la musique des médailles, plus solennelle, régie par le CIO en charge du protocole de cette cérémonie. «Un projet passionnant, puisque c’est un compositeur jazz qui s’est essayé au classique pour ce morceau qui restera gravé dans les mémoires des athlètes sur le podium», précise Mathieu Fleury. Des mélanges et rapprochements qui vont se poursuivre tout au long des manifestations musicales, comme «Body City», un spectacle de mapping où des images sont diffusées sur des corps en mouvement, ou encore «Ghetto Classics», en collaboration avec le Conservatoire et où joueront des enfants suisses, mexicains et kényans.

Philippe Morax, animateur radio sur LFM et consultant du concours

«Moins consensuelle qu’un hymne traditionnel, cette chanson réunit toutes les régions de la Suisse et nous renvoie aux valeurs du sport.»

Olivier Delapierre, directeur relations et engagement Lausanne 2020

«Cette chanson, c’est la signature sonore de ces Jeux. On l’entendra partout et elle sera accompagnée d’une petite chorégraphie!»

Virginie Faivre, présidente du comité d'organisation des JOJ 2020

«Cet hymne, c’est la voix de notre jeunesse qui chante en quatre langues pour accueillir fièrement les meilleurs athlètes du monde»

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