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Death in Vegas bouge encore

Jeudi à l'enseigne de PTR, le festival La Bâtie servait en duo d'électronique le fameux groupe des années 1990.

Deaht in Vegas, jeudi 6 septembre 2018 sur la scène de PTR, à l'enseigne de La Bâtie. Le fondateur du groupe, Richard Fearless, dans l'oeil du photographe Mehdi Benkler.
Deaht in Vegas, jeudi 6 septembre 2018 sur la scène de PTR, à l'enseigne de La Bâtie. Le fondateur du groupe, Richard Fearless, dans l'oeil du photographe Mehdi Benkler.
Mehdi Benkler

Deux silhouettes masculines, entourées d’un halo de lumière bleue, s’échinent sur les machines, le dos courbé, hochant du chef en suivant un rythme tour à tour frénétique ou lancinant.

Death in Vegas, hier phénomène en vogue d’un rock électronique tourné vers le grand public, est revenu à ce que d’autres mélomanes ont apprécié à ses débuts, dans les années 90. C’est sous cette forme, minimaliste, qu’on le retrouve, ce jeudi, à l’enseigne de PTR, qui proposait là un concert en coproduction avec La Bâtie: le groupe anglais se résume aujourd’hui à son fondateur et unique membre permanent, Richard «Fearless» Maquire, secondé par un acolyte régulier, Tim Holmes.

Obsessions rythmiques

C’est donc d’un set électronique live qu’il s’agit ce soir-là. Point de guitare, point de batterie, ni de chanteuse, comme ce fut le cas ailleurs. Voilà une performance apprêtée pour le clubbing. Mais une performance tout de même. En 2018, Death in Vegas souligne en gras ses nourritures premières, house, techno, «abstract», et autre électronique «intelligente». Death in Vegas qui, arrivé à cette étape après une vie de musiques aussi variées que variables en qualité, a en quelque sorte purifié sa méthode. Résultat particulièrement dansant, lorsque les beats déversent leurs rythmiques haletantes à l’attention d’un public attentif, certes, mais qui ira en se clairsemant progressivement au fil de la soirée. Matière essentiellement percussive, qui ouvre également sur des structures plus complexes, cascades de cliquetis, boîte à rythmes en rafales… Et si un riff de synthétiseurs, régulièrement, vient coiffer l’ensemble d’une mélodie simple, parfaitement pop, les sonorités, les répétitions, obsédantes, suscitent un sentiment plus surprenant, une émotion suffisamment étrange pour que l’esprit y trouve là de quoi rêver.

La prestation est belle, efficace, solide, les bonnes idées se bousculent, que le duo, par ailleurs très distant du public, balance à l’auditoire d’un doigté aussi sûr que furtif. Un léger hic toutefois, à peine une déception: donné à l’heure régulière des concerts, 22 heures et quelques, ce «live» aurait pris cependant un autre sens s’il s’était déroulé dans la temporalité propre au clubbing, loin dans la nuit, entre deux sets au long cours, et non pas à l’heure où les rockers prennent le thé.

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