Dans sa gangue electro, Thom Yorke a chanté

CritiqueÉmiettant sa voix au-dessus de terrains syncopés aux modulations hypnotiques, le gars de Radiohead a donné un show moins bouleversant qu'admirable.

Simple élément au coeur de de sa machinerie sèche et démantibulée, Thom Yorke a donné une prestation paradoxalement chaude et vivante.

Simple élément au coeur de de sa machinerie sèche et démantibulée, Thom Yorke a donné une prestation paradoxalement chaude et vivante.

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L’Auditorium Stravinski est grand quand on n’est que trois sur sa scène et que son parterre n’est rempli qu’aux deux tiers. Le nom de Thom Yorke possède une aura sans la garantie commerciale de son groupe Radiohead – mais cela était sans doute prévu.

À tout seigneur, tout honneur, donc: celui de l’Auditorium, bien que l’electro cabossée, ondoyante et minimale du jeune quinqua eut convenu au Lab. Les splendides tableaux vidéos inventés en arrière-scène offrent un surplus d’ampleur à cette machinerie démantibulée que Yorke, à la basse et/ou au chant, alimente avec son compère et producteur de toujours, Nigel Godrich.

Hors du répertoire de Radiohead, hors même de sa forme sur album (trois solos de l’Anglais plus son groupe éphémère Atoms for Peace), chaque chanson s’impose comme une aventure pour Yorke, qui doit saisir au cœur et aux tripes les spectateurs dans ce format revêche fait de sons secs et durs, que colorie à peine sa voix plus que jamais indolente, déversée en vrac et dénuée d’accroche mélodique.

Mais le chaman, moins perché que prévu, réussit à maintenir une pulsation régulière à ce concert paradoxalement chaud et vibrant malgré sa gangue purement électronique et syncopée. Comme les oscillographes 3D de vieux computers projetés en arrière-fond, ses reliefs passent d’angles aigus à de rondes ondulations sans que le public ne se perde dans ses crevasses - sans non plus qu’il ne décroche des montagnes.

Créé: 05.07.2019, 13h51

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