Passer au contenu principal

Un Chilly qui finit par être pimenté

Maître Gonzales, pianiste et show man assumé, n'a pas failli à sa légende. Sous nos applaudissements.

Chilly Gonzales a joué au Montreux Jazz Festival, le 1er juillet 2019.
Chilly Gonzales a joué au Montreux Jazz Festival, le 1er juillet 2019.
2019 FFJM/MARC DUCREST

Après une vingtaine de minutes de concert, on s’est dit qu’on avait connu Chilly plus pimenté. Deux rais de lumière sur quelques pièces de ses piano solos déroulés dans son incontournable robe de chambre. Et les mains sur le clavier qui se reflètent au plafond. Et puis, une voix off. La sienne. Qui commence à jouer avec le public sur le thème «Vont-ils se rendre compte que je ne leur ai pas encore adressé la parole? Est-ce que je peux continuer comme ça?»

La réponse est non. Et l’autoproclamé génie en aurait été le premier à en souffrir, frustrant son ego d’«entertainer». Les premières gouttes de sueur descendent de son front vers l’arête de son nez quand le natif de Montréal, «un man qui a très show», passé par Paris et Berlin, la joue trilingue, heureux «to partage ce soir in verschiedenen Sprachen». Il regarde les deux sièges vides devant lui, réservés pour «Quincy Jones et ses sandwiches». «Let’s try not to disappoint each other» lance-t-il au public qui n’attend que ça.

Transformation de tubes

Petit à petit, ses complices arrivent sur la scène du club. Dont la notable Stella Le Page, son violoncelle et sa tenue de scène empruntée à la «Guerre des étoiles». Cela permet d’égrainer le «Celio Gonzales» de «Chambers» (2015) ou de rapper «The Grudge» d’«Ivory Tower» (2010). Mais c’est dans la master class que le double mètre légèrement voûté excelle. Le «Bach trick» qui permet de décaler les notes vers la gauche ou la droite de son clavier pour en faire un tube ou d’en déconstruire le mythe de certains autres. En fusionnant une référence du grunge – le nirvanien «Smells Like Teen Spirit» (déclamé en allemand!) – et le moins adoubé «Baby One More Time» de Britney Spears.

De transformer le légendaire «Take Five» de Dave Brubeck en Take four, puis three, puis two et enfin one. D’oser, comme s’il était une série TV à lui tout seul, de venir en premier rappel avec le propre résumé de son concert en accéléré. De passer de l’intime à un boogie que n’aurait pas renié Nina Simone. Et de jeter sa pantoufle au public incapable de suivre le rythme de son «Knight moves».

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.