Bruno Mars, super-fun mais sans sexe

Critique Les ados l’adorent, les adultes aussi. Mercredi à l’Arena, le chanteur nord-américain a fait son show à guichets fermés.

Bruno Mars,lors de la finale du Super Bowl en 2014. Pour sa tournée 2017, le chanteur porte, cette fois-ci, de longs T-Shirt comme les affectionnent les tenants du hip-hop. Notez qu'il n'était pas possible, mercredi à l'Arena, de photographier le concert.

Bruno Mars,lors de la finale du Super Bowl en 2014. Pour sa tournée 2017, le chanteur porte, cette fois-ci, de longs T-Shirt comme les affectionnent les tenants du hip-hop. Notez qu'il n'était pas possible, mercredi à l'Arena, de photographier le concert. Image: Paul Sancya

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«All Right, Geneva!» Bruno Mars, super riche, super fun, superman disco funk, vous salue d’un geste leste. Un pas à gauche, un pas à droite. Le corps reste souple, le sourire éclatant. Et la mélodie reprend, frisure de vocalises aiguës sur lit de synthétiseurs vibrants. Mercredi soir, l’Arena est au grand complet pour danser avec lui.

Il faut voir l’allure. Casquette et survêt sur une silhouette menue, point de bling bling à l’exception d’un fin collier doré autour du cou. On l’écoute. Infrabasses ronflantes, batterie au cordeau, chant aérien, c’est au patrimoine funk et r’n’b que puise le répertoire. A ceci près que le dernier-né de l’industrie pop navigue entre les Destiny’s Child et Michael Jackson, plus que James Brown et Otis Redding. Et la scène? Place nette a été faite au centre pour laisser ceux qui jouent debout – guitariste, bassiste, choristes et section cuivres – danser en ligne derrière le chanteur. Le plateau s’élève, des flammes surgissent du sol, des explosions retentissent. A la fin, il y aura un déluge de paillettes.

Un si mignon profil

Ce pourrait être un concours télévisé de danse hip-hop, comme on les apprécie outre-Atlantique. Le personnel, exclusivement masculin, joue la bande de potes survoltés. Tous jeunes et fringants, tous investis dans leurs moindres mimiques. Nous voilà dans cette veine hyper happy du r’n’b contemporain. Un monde où les ballades, les morceaux de bravoure tels que Versace On The Floor («Take it off for me, for me, for me nooow, girl!»), Grenade («Easy come, easy go, that’s just how you live») ou When I Was Your Man («ouhouhouuuu…») s’avèrent plus angéliques que suaves, plus douces qu’érotiques. Point de souffre à la Prince ici, ni de sueur à la Lenny Kravitz, mais une sensualité édulcorée, sans âge, sinon la fin de l’enfance. On songe à une série télé pour ado, high school musical à usage familial. Bruno Mars prend un téléphone serti de brillants, sa gestuelle est théâtrale, posture cool et glamour léger-léger. Répondra-t-elle, la belle? Le public, lui, dit oui en hurlant tout son content de ravissement. Ni tout à fait minet ni gamin non plus, Bruno Mars, lorsqu’il chante, n’oublie pas de présenter son profil.

Sous le masque épais des poses artificielles, des effets électroniques, que reste-t-il alors du naturel? Difficile à dire, tant les choses vont vite, un refrain chassant l’autre, rythmiques cul par dessus tête déboulant dans un train d’enfer. On n’entend guère ce qui est dit, le plus souvent les voix sont couvertes, trop faibles pour percer. Mais l’on se laisse bercer. Tant pis pour la qualité.

Pop pour toute la famille

Dans la foule, des dames dansent et ça les rend toutes choses. Elles vous sourient, prises sur le fait. Voilà le public de Bruno Mars: entre 20 et 40 ans, essentiellement féminin. Et s’il manque son quota d’adolescents, la faute au coût particulièrement élevé de la soirée: 132 fr. 90 pour accéder au parterre debout, jusqu’à plus du double pour s’asseoir dans les gradins. Tout avait été vendu en un tournemain pourtant, 7500 billets au total. Le concert de l’Arena, cependant, avait ceci de particulier qu’il constituait une des plus petites jauges de la tournée. La veille, à Lille, Bruno Mars jouait devant 24 000 personnes. A Genève mercredi, le matériel, la production, était si gros avec ses 22 semi-remorques, qu’il a fallu prendre de l’espace sur le public.

Quand tout fut fini, on est rentré en train, bien tassé dans les wagons, entouré de passagers heureux, qui entonnaient les tubes de la soirée. «Uptown funk you up, funk you up!» Anglophones, francophones, petits et grands, mais somme toute beaucoup de jeunes adultes largement vaccinés, tous étaient réunis à la même enseigne.

(TDG)

Créé: 15.06.2017, 16h13

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