Black M se produit en secret dans une école primaire

PalettesUn éducateur et la FASE ont organisé une rencontre entre la star du rap français et 150 jeunes.

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Dans le préau, deux policiers sont aux aguets. Devant la porte de l’école, un malabar en doudoune filtre les entrées. Mardi, pour pénétrer dans l’établissement primaire En-Sauvy, aux Palettes, il fallait être sur la liste VIP. A l’intérieur, 150 ados, des 8P (12 ans) d’En-Sauvy et Palettes ainsi que 50 jeunes de foyers, trépignent dans l’aula aux allures de boîte de nuit: spots bleutés et fumigènes. Black M, star du rap français et membre du groupe Sexion d’assaut, s’apprête à faire son entrée.

Un rappeur dans une école primaire? L’idée vient de Mourad Abdelmoumene, éducateur à la Fondation officielle de la jeunesse, qui a collaboré avec la Fondation genevoise pour l’animation socioculturelle (FASE). «L’idée était de faire venir cet artiste dans une école en réseau d’enseignement prioritaire (ndlr: établissements de milieux défavorisés) pour offrir une belle rencontre et un moment récréatif», explique Steve Cadoux, coordinateur des travailleurs sociaux hors murs (TSHM) d’Aïre.

Comment faire venir un tel artiste de Paris aux Palettes, pour quelques heures et pas un sou? «J’ai un ami qui fait partie du staff de Black M, il lui a parlé du projet et ça l’a emballé! rapporte Mourad Abdelmoumene. C’est une autorité pour les ados et on leur offre un moment de proximité avec lui.» Quid de la polémique de 2010 autour des propos homophobes tenus par le groupe? «Ils étaient jeunes, depuis ils ont signé un accord avec la Fédération LGBT.» Du côté du rappeur, pourquoi venir à Genève? «La question est plutôt: pourquoi je ne viendrais pas? J’aime aller à la rencontre des jeunes. Et il faut être honnête, je suis aussi en pleine promotion de mon album!»

Mais on ne fait pas venir Black M dans une école comme on invite Chantal Goya. «La difficulté était de maintenir secret l’événement pour éviter les émeutes. A Lyon, un mouvement de foule à la Fnac avait fait des blessés, rapporte Steve Cadoux. Les élèves ont été informés le matin même et on a mis en place un important dispositif de sécurité.» L’arrivée de l’artiste, à 14 h 10, se fait dans le calme. Les petits sont assis par terre, les yeux en l’air, les plus grands sont debout, natels levés prêts à filmer (même les éducateurs ont dégainé!). Les élèves ont préparé des questions avec leurs enseignants. «Comment le groupe il a été créé?» «Vous préférez chanter en solo ou en duo?» «A quel âge vous avez commencé?» «Tu connais le rap genevois?» «Pas trop, avoue Black M. Faudrait me montrer!» «Je peux freestyler là?» demande l’ado, avant de se lancer dans une démonstration. Le mot de la fin revient à la directrice d’En-Sauvy, visiblement conquise: «Je trouve vos textes très beaux. Où trouvez-vous l’inspiration?»

14 h 50, place au show. Tout le monde debout, les jeunes fans collés à la scène, sous l’œil attentif des TSHM. La demi-heure de concert se déroule dans le calme, les corps intimidés bougent moins que les lèvres qui soufflent les paroles. «C’est trop kiffant, une star dans notre aula!» exulte Catarina, 11 ans. «Je me réjouissais de le voir, je suis trop heureux!» rapporte Dylan, 14 ans, qui hésite entre le pantalon et le t-shirt pour accueillir l’autographe. Une séance dédicace suit le concert et Black M griffonne sur les casquettes, les photos, et même les coques de natel. Au final, l’opération secrète est un succès: pas de débordements, seulement des gamins heureux. (TDG)

Créé: 04.03.2014, 20h08

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