Bellerive a ouvert ses portes à l’Orient et à des musiciens fringants

ClassiqueLe rendez-vous chic et détendu continue de miser sur les interprètes jeunes et intrépides. Une formule à succès.

La pianiste Shani Diluka au Festival de Bellerive.

La pianiste Shani Diluka au Festival de Bellerive. Image: OPHELIE SELZ

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De loin, on dirait une ferme. En s’approchant de ses hauteurs, placées à quelques petites encablures de Bellerive, le visiteur ne peut que subir la majesté de la vue qui s’ouvre à lui, et qui porte au loin, depuis les vignobles et les champs de blé blond proches, jusqu’au à l’autre rive du Léman. Mais qu’on se le dise, l’affectation agricole des lieux ne doit pas induire en erreur: la Ferme de Saint-Maurice – nom de cet ensemble de bâtisses – ne garde que de rares vestiges pour rappeler son passé paysan.

Cela est d’autant plus vrai en juillet, lorsque les espaces sont entièrement détournés pour les besoins du Festival de Bellerive, qui prend quartier ici durant une douzaine de jours. La mue en question se répète depuis plus de trois décennies: on aménage les intérieurs pour accueillir le public, on construit une scène boisée et on occupe le vaste gazon environnant avec un bar éphémère et des tables hautes. L’ambiance tourne ainsi à la garden-party, chic et détendue à la fois. «L’autre jour, un mélomane m’a dit que cette manifestation doit être une des rares au monde où on ne contrôle pas les billets à l’entrée», s’amuse Lesley De Senger, fondatrice et directrice de l’événement. Un détail qui dit à peu près tout.

À l’intérieur, dans une salle quelque peu exposée aux éléments – par le passé, on a assisté à des concerts caniculaires ou, au contraire, nécessitant un chauffage d’urgence avec des moyens de fortune – c’est, depuis les origines, un défilé de jeunes talents. La directrice du festival n’a que rarement modifié ce cap. Elle fait en cela œuvre de «scouting» en repérant très tôt ces interprètes qui chemineront loin par la suite. Cette liste compte de nombreux noms.

Vendredi soir, ce fut le tour de la pianiste Shani Diluka, qui a tissé un fil rouge intriguant mais aussi exigeant, entièrement consacré aux paysages orientaux, davantage fantasmés plutôt que vécus par des compositeurs comme Claude Debussy. Tour à tour, on a redécouvert alors d’autres interprètes qu’il faudra continuer à suivre: la soprano Nika Goric par exemple, le violoniste Kirill Troussov, ou encore la violoncelliste Camille Thomas. Un quintette qui a renouvelé une formule heureuse à la ferme.

Festival de Bellerive, jusqu’au 17 juillet. Rens. www.bellerive-festival.ch

Créé: 14.07.2019, 18h24

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