Le Beau Lac de Bâle expliqué aux Genevois

Rock'n'rollFocus sur cinq chansons du groupe, à retrouver sur scène vendredi et samedi à L’Épicentre pour un concert enregistré.

Le Beau Lac de Bâle, une institution genevoise du rock’n’roll en français dans le texte, américain dans sa musique.

Le Beau Lac de Bâle, une institution genevoise du rock’n’roll en français dans le texte, américain dans sa musique. Image: Pierre Albouy

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Ce sera le premier album live de sa carrière. Vendredi et samedi, Le Beau Lac de Bâle, institution genevoise du rock francophone, montera sur la scène de L’Épicentre avec la ferme intention d’en tirer un enregistrement «en public». Sortie prévue en novembre. «On préfère jouer deux soirs de suite, pour avoir une bonne version de chaque titre. On n’est pas très, très sûrs de nous», prévient John Cipolata, François Court pour l’état civil, guitariste et principal auteur des textes du groupe. Le «BLB» a beau avoir 41 années d’existence, l’humilité reste de mise. «Entre autres modèles, nous avons en tête ce live des Rolling Stones, «Get Yer Ya-Ya’s Out!», paru en 1970, qui contient nombre de défauts, dont cette batterie complètement à côté.»

Pourquoi un album live? «Parce que c’est l’occasion de ressortir de vieilles choses qu’on ne jouait plus. Et parce que le public nous le réclame depuis longtemps.» Ainsi entendra-t-on une face B, «HLM Boogie», de même que l’indispensable inédit, «Vilain neveu». Sans oublier les classiques, «Palézieux blues» et autres «Va promener le chien». Pas question, cependant, de jouer les reprises américaines telles que «Panne d’électricité», empruntée à Leiber-Stoller. «Ce répertoire-là faisait partie d’un premier enregistrement en concert, en 1995 au Chat Noir. Mais on n’a jamais pu le publier, faute d’obtenir l’autorisation des ayants droit…»

Point de querelle d’auteur, cette fois. Les vingt titres sélectionnés pour ce futur «Live at Collonge-Bellerive» ont tous été composés par le groupe genevois. En voici cinq décortiqués pour l’occasion. Où l’on saisira à quel point de telles chansons, aussi drolatiques soient-elles, valent également pour ce qu’elles racontent de la société du bout du lac. La parole à John Cipolata:

«Tram 12 Blues»

«Le texte d’un bon blues se doit d’être mélancolique et désenchanté… Quel meilleur sujet qu’une histoire d’amour détruite par un contrôleur véreux?! La superbe rime offerte par le dernier tram genevois à l’époque a fait beaucoup. Imaginez «Tram 13, malaise»… Ça le faisait pas! À la fin des années 70, les TPG avaient placardé sur leurs véhicules le slogan «Resquiller n’est pas un sport». Les spectateurs du Bois de la Bâtie se souviennent encore de l’immense tram en carton qui apparaissait pendant le solo de sax et sur lequel il était écrit «Resquiller, c’est l’pied».

«Va promener le chien»

«C’est du vécu: une injonction maintes fois entendue lors des vacances d’hiver au chalet. Le malheureux époux d’une choriste devait partir, dans la neige et le froid, alors que tout le monde, bien fatigué par un poker d’enfer, allait se coucher… Le trait de génie fut de transposer ces paroles pathétiques sur une belle musique datant du groupe Plexus, dont est issu Le Beau Lac de Bâle. À l’origine, elles se chantaient sur le «Walking the Dog» popularisé par les Stones.»

«Le chant du retour»

«Un des mythes classiques de la musique country est le retour à la maison du héros fatigué… Il retrouve sa green green grass of home, avec la mamy Pénélope qui jardine alors que le chien rêvasse en attendant son papa. Certes, la Romandie ne ressemble pas aux grands espaces américains chantés par Hank Willams. Mais ces retours, le dimanche matin, après avoir joué à Palézieux, à Combremont-le-Petit ou à Kaiseraugst, ont inspiré ces vers sublimes: «Alléluia, les choux sont gras, je rentre aux Acacias».»

«Cinq jours»

«Inspiré au départ par un titre de Gene Vincent, ce furieux twist a la particularité de raconter une expérience de mort approchée. Ce qui est unique dans ce contexte. Bien sûr que les motivations qui empêchent le héros de disparaître dans le fameux tunnel (le rock, les rösti et la bière) ne sont pas d’une haute spiritualité. Mais enfin… It’s only rock and roll!»

«Bouchez-vous l’nez»

«À l’époque de la menace du surgénérateur qui se construisait aux portes de Genève, Cipolata a lu sur un mur de la rampe Quidort un superbe graffiti qui disait «32 000 ans sans respirer». Ce fut le déclic. Les cas de conscience que vivaient, déjà à l’époque, les ministres de l’Environnement ont fourni un superbe sujet à cette bombe rythmique. Les récents déboires de Monsieur Hulot ont redonné aux écolos du BLB l’envie de la rejouer.»

Le Beau Lac de Bâle Ve 28 et sa 29 sept., 20 h 30, L’Épicentre, ch. de Mancy 61, Collonge-Bellerive

Créé: 26.09.2018, 17h29

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