Batida, monstre sonore du fond du cosmos

MusiqueÉchos d’«Oblikvaj», joué par l’ensemble genevois vendredi à l’Alhambra

Batida: depuis la gauche, Alexandra Bellon, Viva Sanchez Reinoso, Raphaël Krajka, Jeanne Larrouturou et Anne Briset.

Batida: depuis la gauche, Alexandra Bellon, Viva Sanchez Reinoso, Raphaël Krajka, Jeanne Larrouturou et Anne Briset. Image: CEDRIC HENNY

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N’y cherchez plus les gammes emberlificotées de la musique savante contemporaine. Ici, tout a explosé. Ici, tout fuse et hurle comme si l’oreille était collée à la cloison métallique d’une fusée. À la fin, les vibrations de la machine descendent si profondément dans les graves que le corps n’ose plus bouger. C’est un brasier, une étoile si chaude que les sons s’y fondent, pour former une autre harmonie, une autre musique. À la fin, on a entendu les murs de l’Alhambra crier au secours. «C’était la lampe au-dessus de la sortie?» «On l’a entendue, nous aussi.»

Batida est un monstre, sorti du fond du cosmos. Voyez les tenues de l’ensemble genevois, robes noires marquées d’une spirale. Intersidéral ésotérique. Ces cinq-là veulent nous faire le coup de l’hypnose, c’est sûr, voire jouer à Dada. Évocation justifiée, du reste. «Oblikvaj», pièce en cinq actes – cinq partitions graphiques imaginées par le collectif Hécatombe – suit une logique hors balisage assisté. Où Batida, sans autres procès, casse les frontières entre, d’une part, recherche des timbres et autres élaboration des textures dûment autorisées par le savoir-faire classique, et, d’autre part, expérimentation instrumentale spontanée. Où le theremin irradie sur un flot de basses synthétiques, tandis qu’un archet force on ne sait quel objet minuscule à rendre tout ce qu’il peut de sonorité. Violent et totalement fascinant. (TDG)

Créé: 02.12.2018, 18h14

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