L’Athénée 4, un parfum de rock au pied de la Vieille-Ville

MusiqueL’ancienne chapelle a repris son élan, avec restauration le midi et concerts le soir.

L’Athénée 4, au pied de la Vieille-Ville, accueillait dimanche 15 avril le pianiste de jazz Thomas Florin.

L’Athénée 4, au pied de la Vieille-Ville, accueillait dimanche 15 avril le pianiste de jazz Thomas Florin. Image: Laurent Guiraud

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Il y a du bon son à Genève. Et pour une fois, chose assez rare voire unique pour qu’on s’y arrête, ça se passe au pied de la Vieille-Ville. Là où l’on ne trouve d’ordinaire que des ruelles endormies, des maisons bourgeoises et des parcs.

De l’Athénée 4, on connaissait l’adresse lorsque s’y déployait le festival qui a emprunté son nom, les Athénéennes, avant que celles-ci ne migrent à l’Alhambra, en juin. Depuis avril 2017, cependant, la salle bâtie sous le niveau de la route s’est trouvé une identité propre. À midi, c’est un restaurant, mobilier confortable, style scandinave sans chichis. Le soir, deux ou trois fois par mois, c’est également un rendez-vous musical.

Des concerts à un jet de pierre de la cathédrale? Le rock, en effet, a désormais les honneurs dans l’ancienne chapelle protestante. Qui fait entendre parfois – mais dans une moindre mesure – du classique. Également du jazz, ainsi de ce dimanche dernier. Coutumier de l’AMR, le Genevois Thomas Florin vernissait son premier album solo, «Déambule». Sur le piano Yamaha de la maison, ce sont des rythmes répétitifs, ostinatos implacables, hypnose fascinante née du minimaliste. Assis en cercle autour du musicien, le public est projeté hors du temps. L’acoustique est bonne. Le cadre, propice à l’écoute.

Projet de «bar à musique»

Il y a un mois de cela, on a vu ici le grand Bilal, fameux crooner nord-américain ranimant une soul rock à la fois savante et populaire. Le mercredi 9 mai, on écoutera Forever Pavot, artisan chéri de la pop hexagonale largement inspiré par les musiques de film des années 1970. Les dates se suivent, organisées sur le même principe: l’Athénée 4 accueille des organisateurs de concerts, tel Rock This Town Extrafine, ou le festival Soulitude, ce dernier proposant le gros de son affiche en novembre. Avantage de la démarche: les programmateurs invités assurent grâce à leur réseau un minimum de public, lequel découvre à son tour l’Athénée 4, tandis que cette dernière participe au cachet. Et la réputation du lieu de prendre du poids.

Pareil projet de restaurant avec concerts avait déjà pris place ici entre 2000 et 2005, sous la houlette d’Helena Mach, faisant cohabiter expos et jazz New Orleans. Difficile cependant d’animer un quartier de résidence et de bureaux. Après un long hiatus de plus de dix ans, la salle restant en location pour des événements ponctuels, ce n’est qu’en 2017 que le principe d’un «bar à musique» avec pignon sur rue reprend du service. À la direction, Sébastien Mach, fils d’Helena. On reste dans la même famille, propriétaire de l’immeuble. Mais d’une génération à l’autre, les goûts ont changé. En témoignent les pochettes de disques vinyles accrochées près de l’entrée: Kraftwerk, Lou Reed, Gainsbourg, The Doors. «Ce qu’on écoutait avec mon frère», commente Sébastien Mach, 43 ans. Mélomanes, les frères Mach. Antoine, l’aîné, jouait de la basse en son temps. Sébastien, pour sa part, s’est formé à l’hôtellerie et a pédalé pour la cyclomessagerie Krick avant de reprendre le flambeau de l’Athénée 4. «La vocation première était de proposer des concerts le soir en afterwork. Mais l’emplacement est tel qu’il n’y a pas de bars voisins permettant d’enchaîner dans la soirée. Nous avions trente ou quarante clients; il nous en fallait une centaine au moins pour tourner.»

Une salle polyvalente

Passé la première tentative il y a un an, une seconde formule est lancée en septembre 2017, qui trouve enfin son équilibre. Outre les repas du midi, avec cuisine de saison, Sébastien Mach peut compter sur la location de la salle le soir pour des événements privés, dîners d’entreprise, lancement de produit, anniversaires, défilés de mode… Les concerts? «Leur vocation est moins lucrative. Les live ne dégagent, pour l’heure, aucun bénéfice.»

L’Athénée 4 est une adresse privée. Son fonctionnement remet-il en question l’économie de la scène rock locale, tributaire des aides publiques? «Les premiers mois, nous payions nous-mêmes l’intégralité des cachets. Mais dans le cadre d’un établissement privé, on s’est rendu compte que ce n’était pas possible sans subventions.»

Athénée 4, rue de l’Athénée 4, prochain concert me 9 mai, 20 h, Forever Pavot. Infos: athenee4.ch et rockthistownextrafine.com (TDG)

Créé: 16.04.2018, 18h11

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