Anita Pallenberg avait beaucoup de sympathie pour le diable

DécèsLa compagne de deux Rolling Stones avait insufflé son glamour trash au groupe anglais.

De la fin des sixties à celle des seventies, Anita Pallenberg a été la compagne de Keith Richards.

De la fin des sixties à celle des seventies, Anita Pallenberg a été la compagne de Keith Richards.

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Si Anita Pallenberg n’avait pas fricoté ce jour-là avec Mick Jagger sur le tournage du film Performance , Keith Richards, rongé par la jalousie alors que l’orage grondait au-dessus de Londres, n’aurait pas composé Gimme Shelter , et laissé à la postérité rock le meilleur morceau des Rolling Stones. Merci à Anita Pallenberg, donc, partie mardi à l’âge de 73 ans après une vie pour laquelle le slogan «sex, drugs and rock’n’roll» semble avoir été inventé.

«Une femme remarquable. Elle sera toujours dans mon cœur», a tweeté mercredi Keith Richards, avec qui elle avait eu trois enfants, dont un décédé peu après sa naissance. Ils étaient restés en bons termes malgré leur séparation à la fin des années 1970. Marianne Faithfull a aussi rendu hommage. «Elle m’a tant appris, surtout quand nous avons arrêté la drogue. (…) Adieu mon amour, bon vent», a écrit la chanteuse britannique. L’une et l’autre avaient composé le duo féminin le plus en vogue des sixties, quand Anita Pallenberg sortait avec Brian Jones, fondateur et guitariste des Stones, et que Faithfull s’affichait avec Mick Jagger. Après une énième crise de violence, le mannequin polyglotte avait quitté Brian Jones pour Keith Richards, précipitant l’éviction et la déchéance de ce premier — il mourra quelques mois plus tard dans sa piscine.

Avec Richards, elle partage le goût des opiacés et d’un glamour hippie qui influença le look et l’esprit du groupe au tournant des sixties. Le couple tombe vite dans une addiction à l’héroïne qui durera toutes les années 1970 et marquera l’activité des Rolling Stones — la symbiose entre Richards et Pallenberg, aussi caractériel l’un que l’autre, a posé le cadre à Exile on main Street (1971), créé en réclusion dans la villa Nellcôte à Nice, tout comme la passion du couple pour la Jamaïque et ses rites tribaux a exporté à Kingston l’enregistrement de Goat Head Soup (1973).

Sans avoir besoin de se réclamer féministe pour vivre en femme libre, Anita Pallenberg avait brisé tous les tabous et assumé son goût pour les extrêmes. Mannequin dans le cercle d’Andy Warhol, actrice pour Vadim et Ferreri, elle a (littéralement) survécu à sa vie de Rolling Stones sans pour autant retrouver sa faconde artistique. Ces dernières années, elle s’impliquait dans un projet de tissus bio fabriqués en Inde.

On peut l’entendre faire coucou pour l’éternité à Lucifer, voix pleine d’enthousiasme dans les chœurs de Sympathy For The Devil. (TDG)

Créé: 15.06.2017, 12h39

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