Passer au contenu principal

L’amour, une musique aigre-douce

De l’enchantement à la lassitude, Maria Mettral glisse en chanson sur le toboggan des affects. Plongée tonifiante.

Maria Mettral et Vincent Prezioso, une collaboration artistique née en 2011 et qui se prolonge ces jours-ci, sur le thème de l’amour en couple, au P’tit Music’Hohl.
Maria Mettral et Vincent Prezioso, une collaboration artistique née en 2011 et qui se prolonge ces jours-ci, sur le thème de l’amour en couple, au P’tit Music’Hohl.
GEORGES CABRERA

C’est un terrain, celui de l’amour, dont on ne parviendra jamais à sonder la profondeur. Source d’enchantements et de peines infinies, mais aussi filon sur lequel se sont greffées des milliers d’œuvres d’art de toute sorte, ce pilier de nos existences s’offre ces jours-ci, dans ses traits les plus saillants, entre les murs intimistes du P’tit Music’Hohl. C’est ici que Maria Mettral et son complice, le musicien Vincent Prezioso, déploient leur dernier spectacle: «Y n’faut pas s’mettre en colère».

Des raretés dépoussiérées

De quoi est-il question? D’un déroulé opulent et savoureux de titres; d’une chaîne de chansons remontant parfois jusqu’aux années 20 du siècle passé, lesquelles, placées les unes après les autres, reconstituent l’arc naturel de toute histoire d’amour, ou presque. À savoir l’enchantement des débuts, suivi de l’invasion croissante des gestes routiniers, avec leur part de lassitude et d’engueulades, et enfin, pour bien terminer cette histoire, de la redécouverte inespérée de la passion amoureuse. Sur cette dramaturgie menée avec un rythme alerte et sur un ton pétillant et drôle se greffent aussi de petits sketchs qui solidifient le liant entre les titres convoqués. «Nous avons environ vingt-cinq chansons à l’affiche, explique Maria Mettral. Bon nombre d’entre elles sont aujourd’hui oubliées du grand public, mais toutes gardent une actualité et une fraîcheur intactes. La preuve: des jeunes qui ont assisté au spectacle étaient particulièrement étonnés d’apprendre que ces pièces n’ont pas été écrites de nos jours.»

La force principale du spectacle, sur le front musical, réside là précisément: sur le travail de dépoussiérage et de réarrangement qu’a mené le pianiste Vincent Prezioso. Détenteur d’une vaste collection de vinyles et fin connaisseur de raretés en tout genre, le musicien a pioché dans ses fonds pour choisir le répertoire qui allait illustrer au mieux la parabole amoureuse en question. «Le travail d’adaptation de ces chansons a été fait en suivant les qualités vocales de ma partenaire, note le musicien. C’est une opération fine qui comporte des ajustements constants. D’ailleurs, à la fin de chaque représentation, nous discutons et nous apportons des modifications.»

L’autre colonne forte du spectacle? Elle est portée par la présence scénique du duo, par sa faculté à conférer des touches burlesques à l’histoire amoureuse qu’il met en scène. On passe ainsi de la drague à l’éclosion de l’idylle – on est alors dans le jardin d’Eden – puis on glisse subrepticement vers les franches disputes et on remonte la pente menant au réenchantement de l’amour, accompagné par un sourire permanent, en compagnie d’un répertoire empoigné avec brio.

Espiègle et taquine, Maria Mettral excelle dans le registre comique, qu’il s’agisse d’incarner l’amoureuse transie ou qu’il faille souligner à gros traits le sort peu enviable de la ménagère délaissée. Sa voix tonique, délicieusement voilée par un timbre rauque, finit par donner à cette aventure scénique un allant fougueux.

«Y n’faut pas s’mettre en colère», de Maria Mettral et Vincent Prezioso Au P’tit Music’Hohl, du me au di à 20 h, jusqu’au 27 oct. Rens. www.musichohl.ch

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.