Pour l’amour du jazz, passionnément

ConcertsL’Association genevoise des musiciens de jazz fête ses 40 ans ce week-end. Rencontre avec ses deux piliers, Christine Debruères et Louis Vaney.

Christine Debruères et Louis Vaney, piliers de l’AGMJ, qui fête ses 40 ans d’existence ce week-end à l’Alhambra.

Christine Debruères et Louis Vaney, piliers de l’AGMJ, qui fête ses 40 ans d’existence ce week-end à l’Alhambra. Image: Lucien Fortunati

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Pour ses 40 ans d’existence, l’Association genevoise des musiciens de jazz, siglée AGMJ, réveille tous les standards du courant musical qu’elle représente. Count Basie en format big band, Sidney Bechet pur swing, Lester Young, Thelonious Monk, Charlie Parker et on en passe: ce week-end à l’Alhambra, ce sont tous les fantômes, tous les pionniers, les génies du jazz qui sont convoqués. Cela pour nourrir un événement aux allures de véritable festival.

Parmi les dix groupes au programme, notons la présence du Fanfareduloup Orchestra, fameuse équipe d’improvisateurs genevois. Ainsi que la venue de deux stars au long cours, le samedi: le batteur genevois Daniel Humair a soufflé ses 80 bougies et son complice français, le pianiste René Urtreger, en compte 84, lui qui a participé, il y a un demi-siècle de cela, à l’enregistrement d’«Ascenseur pour l’échafaud» de Miles Davis.

Une vie pour la musique

Est-ce une forme de nostalgie que cultive l’AGMJ? Bien mieux que ça, répondent Louis Vaney, président de l’association, et Christine Debruères, cheville ouvrière de cet anniversaire et rédactrice en chef du magazine «One More Time», publication contribuant à lier la communauté de l’AGMJ. Son titre fait référence au local où ont lieu durant l’année les concerts, sous La Sportive, au 45 de la rue de Carouge. «Les styles qui prévalent dans notre programmation, ce sont principalement le jazz dit «classique», ainsi que son descendant dit «moderne». Également le swing manouche. Toutes les choses qui participent de cette culture musicale devenue universelle.» Et l’électronique, et l’expérimental? «On laisse cela à l’AMR, qui est en quelque sorte la grande association du jazz genevois. En regard, l’AGMJ, c’est la petite. Avec cette caractéristique, unique, de réunir les amateurs sans distinction d’époque ou de chapelles.»

L’exemple de Louis et Christine est emblématique de la dynamique qui prévaut dans le cadre de l’association. Ces deux-là sont passionnés. Elle a 66 ans, lui en a 75. Tous deux retraités de l’enseignement spécialisé et de la psychologie. «L’association, c’est un investissement à plein temps. Ce n’aurait pas été possible avant.» Christine, en revanche, n’entend pas ne vivre que pour le jazz: «Je me suis formée à l’ornithologie», dit-elle. «Mais l’un des plus grands jazzmen, ajoute Louis, n’est-il pas Charlie Parker, dit «Bird», l’oiseau?» Ici même, dans le salon conjugal, tout, en effet, semble appartenir à la musique: disques à foison, anciens et dernier cri mêlés (chacun, dans le couple, a ses goûts distincts). Ainsi que des instruments de musique. Vintage de préférence. Comme les fauteuils. Celui-là à l’air ancien. «Année 1920. Comme la naissance du jazz», glisse Louis. Les guitares sont à lui. «J’ai commencé à l’âge de 15 ans. À 19, j’étais pro, j’ai même accompagné le violoniste Stéphane Grappelli.»

Sans oublier les néophytes

En 1978, Louis assiste à la naissance de l’AGMJ. «Des anciens collégiens devaient se retrouver, qui jouaient ensemble quarante ans avant, en 1938. La réunion a pris une telle ampleur qu’on s’est retrouvé avec 300 musiciens! Le lendemain, on s’est dit qu’il fallait fonder une association.» En ce temps-là, l’AMR se profilait comme le versant autonomiste des musiques dites improvisées. L’AGMJ allait-elle représenter la face plus traditionnelle de ce monde-là? «Dans notre charte, on voulait l’humanisme, la solidarité, rappelle Louis. Mais le jazz, comme tout autre domaine, est loin d’être un monde idéal.»

Une ambition demeure particulièrement vive, cependant: outre la volonté de rajeunir l’association, Louis projette de donner aux néophytes les outils pour s’approprier la musique. «Mon plus grand plaisir, c’est quand, au sortir d’un concert, des spectateurs me disent qu’ils ont apprécié, avant de déclarer que jusqu’à ce jour-là, ils ne connaissaient rien au jazz!»

40 ans de l’AGMJ, du ve 11 au di 13 janvier, Alhambra. Infos: jazz-agmj.ch

(TDG)

Créé: 09.01.2019, 14h30

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