À Genève, l'Alhambra fête ses cent ans d'existence

MusiqueCe mercredi, la maison fête son siècle. La maison embrasse une nouvelle vocation.

L’Alhambra, rue de la Rôtisserie, dans les années 1980.

L’Alhambra, rue de la Rôtisserie, dans les années 1980. Image: DR

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Il y a cent ans, le bâtiment s’appelait Omnia, un «théâtre cinématographique» érigé au temps du muet. Bien vite, on a mis le son. Déjà, le music-hall animait aussi les soirées. Qui se souvient d’y avoir écouté Edith Piaf? Plus sûrement, on se rappellera avoir vu «Peau d’âne» en 1970, ou «Gremlins» en 1984.

Un siècle est passé. L’Alhambra embrasse une nouvelle vocation. En plein centre-ville, entre le bourg historique avec ses innombrables bureaux d’avocats, en haut, et les boutiques de luxe menant au lac, en bas, entre deux eaux, là où il n’y a plus rien le soir venu, l’Alhambra vit désormais pour le rock. Si bien, d’ailleurs, que la salle est devenue l’adresse incontournable pour les festivals de la place proposant des concerts d’envergure internationale dans les domaines pop, folk, jazz, rap, électronique ou reggae. Ainsi d’Antigel – plus forte présence parmi les usagers, sept concerts pour sa 10e édition fin janvier – comme de La Bâtie, Voix de Fête ou Les Créatives, également de JazzContreBand, Les Athénéennes, et Couleur Café. Encore le Festival des musiques arabes et méditerranéennes, les Ateliers d’ethnomusicologie, le Festival international de flamenco et le Kino Kabaret. Entre autres.

Qualité professionnelle

Depuis sa réouverture en septembre 2015, après trois ans de travaux de rénovation, l’Alhambra tourne à plein régime: 160 soirées par an, telle est la vitesse de croisière de ce «navire» pouvant accueillir jusqu’à 1100 spectateurs. Capacité totale pour la salle, qui avait débuté avec un maximum de 750 places, compromis oblige afin de rassurer le voisinage – une polémique qui semble bien passée aujourd’hui. «Après cinq soirées en guise de test, toutes concluantes, l’Alhambra à 1100 devrait être chose acquise avant le printemps», fait savoir Karin Strescher. L’actuelle coordinatrice de la maison, nommée par l’Association des usagers de l’Alhambra, l’AdudA, ne peut que s’enthousiasmer de la bonne marche des lieux.

L’Alhambra, faut-il le rappeler, ne programme pas de concerts. En revanche, Karin Strescher et son équipe ont mis en place un dispositif de soutien. «Toutes les demandes sont déposées sur dossier. Puis nous rencontrons les organisateurs. Ce travail en tandem s’avère très utile, notamment pour les petites associations. Billetterie et bars sont à leur charge, comme la communication. Dans ce cas, nous avons un rôle d’accompagnement, pour la logistique, pour la technique encore. Il faut que ça soit professionnel, que ça commence à l’heure.»

Pôle régional

À propos des utilisateurs, les deux tiers des 160 dates annuelles concernent des associations subventionnées, dont une majorité est membre de l’AdudA. Rien d’extraordinaire à cela, puisque l’AdudA regroupe la plupart des acteurs cités plus haut, Antigel, Bâtie, etc. Quant aux structures privées, à l’exemple du promoteur Takk, qui mettait à l’affiche Bastian Baker fin 2019, elles occupent à peine une dizaine de dates annuelles.

«En 2015, nous partions de presque rien, résume Karin Strescher, il a fallu renseigner les acteurs culturels. En 2019, L’Alhambra s’est imposé comme un pôle pour Genève et pour la région» La coordinatrice conclut: «On nous attendait au tournant. Géré par des associations, l’Alhambra, cependant, se porte très bien.»

L’Alhambra défend en priorité les musiques actuelles, cela promet de bons concerts en ville. Le calendrier pourrait s’épaissir encore. Mais quoi qu’il en soit, dans trois ans, fin 2022, l’AdudA se retirera au terme de ses deux mandats, quatre ans chacun, non reconductibles. Qui pour prendre la main ? Une autre association ? Un privé ? La suite dépendra à n’en pas douter de la politique en Ville de Genève. On se réjouit de savoir qui, lors des élections en mai prochain pour l’Exécutif, obtiendra le Département de la culture.


L’Alhambra fête ses 100 ans Me 8 jan., 18h30. Infos: alhambra-geneve.ch

Créé: 07.01.2020, 19h50

Fanfare, raclette et mapping

C'est le 8 janvier1920 qu'on avait inauguré le bâtiment. C'est donc le 8 janvier2020 qu'on fêtera son centenaire. En hommage à son architecte Paul Perrin. En compagnie, notamment, de l'artiste Carmen Perrin, à qui l'on doit le dégradé du noir à l'or sur les murs intérieurs de l'édifice, dévoilé lors de la réouverture après rénovation, en 2015. Les deux Perrin, pourtant, n'ont aucun lien de parenté.

Cela étant, un centenaire vaut bien quelques discours, une fanfare et une raclette. Ainsi qu’un mapping, création de la HEAD et de Sigma6, projeté à l'extérieur. Car c'est dehors, dans la rue de la Rôtisserie fermée pour l'occasion, que se dérouleront les agapes, mercredi de 18h30 à 21h30. Vingt-quatre musiciens encore, deux pour chacune des douze associations membres de l'Association des usagers de l'Alhambra, se produiront en solo ou duo.

Ce mercredi sera également lancée une souscription pour la publication d'un ouvrage sur l'Alhambra, à paraître en septembre, signé Catherine Courtiau, historienne de l'art et de l’architecture, auteure d'un rapport décisif sur l'intérêt patrimonial de la bâtisse. F.G.

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