Vingt-cinq chansons nées au troisième étage

DisqueRue Cordiers, aux Eaux-Vives, un immeuble va disparaître. Des musiciens l'investissent trois mois durant. Ainsi commence l'histoire des «Cordiers Sessions»...

Le 8 rue des Cordiers aux Eaux-Vives. La chanteur Sébastien Gabriel fait une pause sur le trottoir.

Le 8 rue des Cordiers aux Eaux-Vives. La chanteur Sébastien Gabriel fait une pause sur le trottoir.

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C’était la der des ders, l’occasion ultime de pénétrer dans ce vieil immeuble situé vers le haut des Eaux-Vives, vestige des logements à caractère social d’antan. Trois étages plus le rez, de curieuses galeries ouvertes sur l’extérieur: globalement décati, manifestement trop petit pour satisfaire aux exigences de l’urbanisme contemporain, le 8 de la rue des Cordiers allait être démoli. On le remplacera par un édifice tout neuf.

Le sort de la maison semblait scellé lorsque, fin 2015, quatre musiciens du cru se sont mis en tête d’y aller encore une fois. Voici Sébastien Gabriel et Michaël Perruchoud. On les connaît pour le Duo d’eXtrêmes Suisses. Tous deux participent également aux Éditions Cousu Mouche. Michaël Perruchoud est lui-même écrivain. Voilà encore David Powell, Irlandais, chanteur lui aussi, ainsi que le guitariste Anthony Weber. En septembre 2015, la clique pousse la porte du 8. Pour y faire quoi? Enregistrer, pardi! Non contents de faire un beau quatuor, les hardis compagnons, un brin squatteurs dans l’âme, invitent du monde dans ce chez-soi improvisé. Basse, batterie, accordéon, piano, violoncelle, trompette et chœurs: à la fin, ils devaient être une vingtaine au moins.

«Si les bars fermaient plus tard...»

Parce qu’il n’y a pas un groupe en particulier ni un musicien plus important que les autres, ça s’appelle les «Cordiers Sessions». Alias «Les chansons du troisième étage». Car c’est au troisième, transformé en studio éphémère, que les prises ont été réalisées. Deux volumes sont parus, chacun leur tour, format numérique d’abord. Enfin, le tout a été réuni pour un double album récemment paru.

Voici donc à quoi ressemble la créature née au troisième: ici en anglais pour une ballade un rien folk rock, là en français, façon complainte crépusculaire ou java méridionale, pas moins de vingt-cinq chansons auront vu le jour au total. On se souvient, oui, que «si les bars fermaient plus tard», non, «on aurait jamais eu l’âge de raison». Même si «à chaque fois, on a 20 ans».

Des titres, on ne saurait en citer trop, tant il y en a, d’un sensuel «À la hache» en traversant ces si tristes «Ombres allongées», sautant du gigogne «J’ai mal à la tête dans les nuages» vers un moment plus américain, plus pop rock en compagnie du très brave «It’s Not You». Bref, il y a du monde, l’effort collectif a payé, le résultat manifeste une belle diversité d’écriture, de timbre aussi, idem pour les arrangements, Au 8 de la rue des Cordiers, le silence est revenu. Pourtant, l’immeuble est toujours là. Quatre ans après avoir accueilli une bande de musiciens attendris par ses vieux murs, la maison attend encore qu’on règle quelques recours sur le projet de remplacement.Fabrice Gottraux

«Cordiers Sessions» Double CD (Cousu Mouche)

Créé: 07.02.2020, 18h26

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