The Good, the Bad and the Queen, comme si les Clash étaient de retour

CritiqueLundi, Antigel accueillait au Victoria Hall le «super groupe» de Damon Albarn et Paul Simonon. Magie il y eut...

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Un concert pop au Victoria Hall, un soir de juillet par météo caniculaire, la veille de Paléo? Par la force d’Antigel, festival hivernal qui programmait là son premier concert estival, le monde est venu.

The Good, the Bad and the Queen, c’est d’abord un chanteur qu’on appelle à grands cris: «Damon!» La voix de Blur, la tête de Gorillaz écarte les bras, ouvre les paumes – bonjour, bonjour – les yeux plantés dans cette dame au premier rang, qui rend par cœur les paroles de la chanson. «Merrie Land» en été, ainsi de l’intitulé faussement joyeux du dernier album de la bande, c’est une suite de ballades ivres, portées dans un tintamarre proche du burlesque par cette clique étonnante.

De décibels et de lumière éclaboussés

On connaît leur pedigree: Tony Allen à la batterie, en retrait toutefois comme Simon Tong à la guitare, Damon Albarn à la voix et au piano, ainsi qu’un quatuor à cordes, un organiste encore, et un second percussionniste – utile pour recadrer Allen au besoin. Et puis ce grand type portant casquette sur le côté, jambes écartées, basse électrique pointée vers l’avant comme une mitraillette: Paul Simonon. Une attraction à lui seul. Ce n’est pas seulement le bassiste de feu The Clash qui campe aux côtés d’Albarn; c’est également le son des Clash, un jeu si simple en apparence, d’une puissance presque effrayante. La basse émerge de la mêlée, conférant à l’édifice une pulsation fascinante, tandis que l’orgue Hammond hulule ses mélodies de chapelle et les cordes tapissent le décor d’une touche courtoise.

Le son, parlons-en. Très gros, si gros parfois, qu’il rentre tout juste dans le cadre classique du Victoria Hall, et déborde franchement lorsque l’orchestre monte en crescendo. Mais bon sang! Albarn, Simonon et compagnie si proche de nous, éclaboussés de lumières discrètes, ça fait son effet.

Joie du chaos

Le cadre est grandiose? Plutôt, il a cette patine, stucs et ors, qui convient aux thèmes de The Good, the Bad and the Queen: la Grande-Bretagne en décadence à l’heure du Brexit, les fantômes de l’Histoire pour personnages d’un conte virant à l’ironie. «J’ai fait un rêve, raconte Damon Albarn. J’étais assis sur une chaise, dans la rue, et je discutais avec Poutine. Devinez qui s’est mêlé à la conversation! George Bush. Curieux, n’est-ce pas…»

C’est alors que le groupe décolle pour de bon, sur les rythmes reggae rock de son premier album. Paul Simonon toujours: l’homme des Clash attaque les cordes, la bâtisse centenaire craque sous l’assaut des vibrations. Les décibels se font agressifs. Pourtant, l’ensemble tient parfaitement la route. Et l’on constate, à l’épreuve de la scène, dans un rendu autrement plus chaotique et organique que les enregistrements studios, combien les compositions de The Good, the Bad and the Queen sont bonnes, et cet équipage attachant.

Créé: 23.07.2019, 15h10

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