Six chansons emblématiques au hasard de plus de 70 ans de carrière

Hommage«Sa jeunesse», «Je m'voyais déjà», «La mamma»,« La bohème», «Comme ils disent», «Hier encore».

Charles Aznavour

Charles Aznavour Image: Yvain Genevay

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«Sa jeunesse»

Écrite au début des années 50, cette chanson méditative et lucide sur les premières années d’une existence, sur nos 20 ans, restera, parmi toutes ses compositions, la préférée d’Aznavour. Plus que «Sur ma vie» ou «Après l’amour», autres succès des débuts qui contribuèrent à asseoir la notoriété de l’auteur. Avec «Sa jeunesse», il atteint une forme d’universalité poétique extrêmement moderne. En clair, son texte n’a pas d’âge et défie le temps, alors qu’il prétend exactement l’inverse. «Il faut boire jusqu’à l’ivresse/Sa jeunesse.» Le titre avait même été repris par la nouvelle génération dans un album hommage paru il y a quatre ans.

«Je m’voyais déjà»

À ses débuts, Aznavour était en quête de reconnaissance. Celle-ci viendra avec cette chanson, son premier gros tube, dans laquelle il semble se jeter à cœur perdu, décrivant avec force métaphores l’état de mal-être du chanteur en quête de gloire. Pour se faire un nom, au milieu du XXe siècle, entre l’après-guerre et les années 60, il faut avant tout conquérir Paris (cela n’a guère changé). Le reste de la France ou du monde vient après. Cette ascension, Aznavour la vit au gré d’un refrain entraînant, puis l’expérimentera dans la suite de sa carrière. Refusée par Montand, «Je m’voyais déjà» est créée par Aznavour à la fin de 1960 à l’Alhambra. Et c’est un triomphe fondateur.

«La mamma»

Écrite par Robert Gall, qui n’est autre que le père de France Gall, «La mamma» fait partie du répertoire réaliste du chanteur, qui décrit là les derniers instants d’une mère italienne réunissant sa famille autour d’elle avant de rendre son dernier souffle. Le ton est au pathos et à la tragédie, mais malgré un registre démodé – nous sommes en 1963, en pleine vogue yé-yé – le public suit et le titre cartonne dans d’innombrables pays, de la Grèce à l’Uruguay. Ce qui est l’occasion de rappeler qu’Aznavour est un auteur-compositeur qui s’exporte et se vend partout dans le monde. Ses chansons sont parfois reprises par d’autres, mais il lui est arrivé de les enregistrer en d’innombrables langues.

«La bohème»

La jeunesse, les années de galère, la solidarité dans la pauvreté, la nostalgie du temps qui passe. Autant de thèmes qui auront traversé l’œuvre d’Aznavour, avec parfois une douce mélancolie lui permettant d’accoucher de quelques perles. Ainsi de «La bohème», sortie en 1965, coécrite par Jacques Plante, qui s’épanche sur les souvenirs d’un peintre évoquant son passé. Gros succès de l’époque, initialement composée pour une opérette de Georges Guétary, «La bohème» est un titre qu’Aznavour a énormément repris en duo sur disque, par exemple avec le Trio Esperança ou Josh Groban, ce dernier dans l’album «Duos» de 2008.

«Comme ils disent»

En 1972, il fallait un certain cran pour chanter ainsi l’homosexualité en se mettant dans la peau d’un jeune artiste de cabaret dont les autres se raillent. «J’habite seul avec maman/Dans un très vieil appartement, rue Sarasate.» En deux vers, le décor est planté, avec un art de la concision qui a peu d’équivalents dans le répertoire dramatique de la chanson française. La modernité du texte, coming out avant la lettre («Je suis un homo comme ils disent»), lui a permis de devenir un standard de la différence, voire de la transidentité («Vers les trois heures du matin/On va manger entre copains de tous les sexes»). Un chef-d’œuvre qui n’a pas pris une ride.

«Hier encore»

«Hier encore, j’avais vingt ans, je caressais le temps/J’ai joué de la vie/Comme on joue de l’amour et je vivais la nuit/Sans compter sur mes jours qui fuyaient dans le temps.» C’est l’Aznavour grave, celui qui adore revenir sur son passé, voire se projeter dans la peau d’un vieil homme, qui interprète ce grand succès des années 60, ode nostalgique et désenchantée au temps qui passe, thème décidément majeur chez son auteur. Le titre sied merveilleusement à de grands crooners qui le reprennent et en font un standard. Bing Crosby, Andy Williams, Al Martino, Elton John, l’ont ainsi chanté, parmi de nombreux autres, contribuant à faire d’Aznavour un interprète international. (TDG)

Créé: 01.10.2018, 18h27

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