«Remake Miles Davis», le génie de la trompette revisité par un big band

ConcertMercredi à l’Alhambra, Max Jendly emmène son ensemble du côté de «Sketches of Spain».

Le Max Jendly Big Band en version augmentée, trente-trois musiciens pour faire revivre les «Sketches of Spain» de Miles Davis.

Le Max Jendly Big Band en version augmentée, trente-trois musiciens pour faire revivre les «Sketches of Spain» de Miles Davis. Image: DR

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Trente-trois musiciens sur scène, avec trombones, saxophones, clarinettes, flûtes et trompettes, sans oublier la section rythmique – vibraphone, batterie, contrebasse – la formation réunie par Max Jendly impressionne par sa taille. C’est cependant le strict nécessaire pour jouer Miles Davis.

Mercredi, le big band du jazzman fribourgeois présente à l’Alhambra un programme peu commun. Avec le trompettiste suisse Matthieu Michel dans le rôle du fameux souffleur disparu en 1991, le Max Jendly Big Band revisite trois piliers de la discographie jazz: «Miles Ahead» (1957), «Porgy and Bess» (1958) et «Sketches of Spain» (1960).

Trois albums retranscrits à l'oreille

Au génie de Miles Davis répondait alors cet autre visionnaire, Gil Evans, responsable des arrangements mêlant swing et traits symphoniques. En 1960, Max Jendly a quinze ans. Il se forme au piano classique, au Conservatoire de Fribourg: «Je commençais à m’intéresser au jazz. Et ces trois albums étaient particuliers: il y avait là des flûtes notamment, chose qui sortait de l’ordinaire des big bands. J’ai rêvé de participer à pareille formation.» Ce n’est que bien plus tard, au début des années 2000, que Max Jendly concrétise son projet. Gil Evans n’ayant laissé aucune partition, la musique des trois albums sera retranscrite d’oreille. Un travail considérable accompli par le New-Yorkais Joe Muccioli. À Max Jendly, ensuite, d’adapter le résultat pour son orchestre.

Fondé en 2017, le Max Jendly Big Band réunit des musiciens suisses, de Fribourg notamment, où réside la formation, également de Genève, ainsi de Maurice Magnoni et Maurizio Bionda. «J’ai dirigé cinq autres big bands dans ma carrière, raconte Max Jendly, âgé aujourd’hui de 74 ans. Monter un tel ensemble reste difficile. Nous comptons dans nos rangs 28 professionnels et 5 amateurs confirmés. C’est une vraie entreprise!»

Le jazz acoustique revient à la mode

Cet hommage au Miles de la fin des années 1950 donnera lieu à un deuxième volet en 2020, sous la forme d’un oratorio avec récitant, rôle attribué au frère de Max, le comédien Roger Jendly. Puis, en 2021, le big band rencontrera un orchestre de chambre pour un troisième et dernier set.

«Le jazz acoustique revient à la mode grâce à une nouvelle génération de musiciens formés dans les hautes écoles», constate le chef d’orchestre, qui sait de quoi il parle. À Max Jendly, on doit l’ouverture de la première section jazz jamais accueillie par un Conservatoire de Suisse, à Fribourg, il y a précisément quarante ans de cela.

«Remake Miles Davis-Gil Evans» par le Max Jendly Big Band et Matthieu Michel, me 18 sept., 20 h, Alhambra.

Créé: 17.09.2019, 17h02

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