Les Wiener Philharmoniker, une musique princière

ClassiqueInvité à Genève, le mythique orchestre a fait une fois encore la démonstration de sa grâce.

Le chef britannique Daniel Harding a brillamment remplacé au Victoria Hall le souffrant Zubin Mehta.

Le chef britannique Daniel Harding a brillamment remplacé au Victoria Hall le souffrant Zubin Mehta. Image: NICOLAS BRODARD

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Faut-il redécouvrir le répertoire de Leonard Bernstein, dont il ne subsiste avec constance dans les salles que ce prodigieux succès scénique que fut «West Side Story»? Oui, nous disent avec force ceux du Wiener Philharmoniker. De passage jeudi soir au Victoria Hall, dans le concert hyper-attendu et hors abonnement de l’agence Caecilia, l’orchestre mené par Daniel Harding a offert une relecture palpitante de la «Première Symphonie», dite «Jeremiah» du chef et compositeur disparu en 1990.

Écrite en 1941, mais préservée par les rides, cette pièce présente des pages faisant état d’une exploration formelle audacieuse – un deuxième mouvement notamment («Profanation»), truffé de soubresauts et de trouvailles rythmiques décoiffantes. Ici en particulier, l’aisance des Wiener, la qualité de leurs textures sonores (ah, ces archets!), la précisions des attaques, auprès des cuivres en particulier; mais aussi l’élégance des phrasés et la délicatesse des agencements entre les tableaux (on passe avec grande fluidité des traits chambristes aux «tutti» véhéments) ont charpenté, mesure après mesure, dans un «swing» séduisant, un plaidoyer puissant pour un compositeur quelque peu oublié. L’émouvante «Lamentation» finale, avec la voix ronde et poignante de la mezzo autrichienne Elisabeth Kulman, a mis un point final à cette page inoubliable du concert.

La suite, le plat de résistance, a été tout aussi renversant, mais au fond bien plus attendu. Campé dans des contrées qui lui sont familières – la «Cinquième» de Mahler – le Wiener a fait une fois encore la démonstration de sa grâce (quel «Adagietto»!) et d’un engagement virevoltant mais jamais démonstratif. Le chef terminera d’ailleurs sa course littéralement épuisé. Et chaviré par une longue ovation. (TDG)

Créé: 27.04.2018, 14h42

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